Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.

mardi 28 décembre 2010

Arlon (enfin) déneigé

Je ne peux pas laisser passer cette information comme cela : cette nuit, le Centre-Ville d'Arlon va être déneigé à l'aide des bulldozers de l'armée.
Vu ce que j'ai réclamé la semaine dernière, je devais être contente.
Or, si je suis enfin soulagée de savoir qu'ils vont enlever la neige qui engorge les routes et les parkings, je ne peux que déplorer qu'ils agissent seulement maintenant, de surcroît en prenant nos idées car Christine, de Tout un fromage, a appelé l'Armée lundi de la semaine dernière pour qu'ils viennent nous épauler. Celle-ci n'a pu intervenir faute de demande officielle de l'Administration.
Trop facile de venir jouer les grands seigneurs après coup !

lundi 20 décembre 2010

Au tour des commerçants arlonais

Aujourd'hui, lectrices et lecteurs, vous aurez compris que je suis en colère contre l'état de notre Centre-Ville. J'ai égratigné Idelux, l'administration communale et maintenant, c'est au tour des commerçants d'Arlon.
Qui me font honte ! Je suis allée chercher du pain dans la Grand-rue et quel ne fut pas mon étonnement de constater qu'évidemment la ville n'avait pas déblayé le centre de la rue mais que les commerçants non plus. Rares (voire très rares) sont ceux qui ont pris la peine d'ôter la neige, de casser la glace et de jeter du sel.
Incivisme, égoïsme, fainéantise.
Tous dans le même panier de la nullité !

Arlon Centre-ville

Fabien a écrit un texte bien torché pour exprimer notre état d'esprit au sujet du Centre-Ville d'Arlon en cette période fêtes enneigées.

Prenez le temps de le lire.

Nous aurions pu profiter d’une véritable ambiance de Noël. Des gros flocons voluptueux réécrivaient dans le ciel les contes de Dickens. Un petit verre de vin chaud aurait réchauffer les coeurs et les papilles. Mais toute fête demande un minimum de préparations. On ne peut pas se contenter d’en être l’éternel invité. Vos cadeaux, nous les avions sélectionnés avec soin. Puis, nous avions contacté nos fournisseurs avec suffisamment d’avance pour ne pas être pris au dépourvu. Après avoir décoré les vitrines, nous avions aménagé des tables afin de vous faciliter la tâche. Et puis nous avons attendu. Attendu quelque illumination de Noël et nous avons vu celles des autres villes. Attendu le client et se sont les éboueurs qui ne sont pas venus. Alors nous avons rentré les poubelles que nous pouvions. Nous avons salé et dégagé la neige sur les trottoirs et les places de parking. Nous avons costumé les enfants en lutins de Noël pour vous souhaiter d’heureuses fêtes. Nous avons, jour après jour, attendu des invités qui ne sont pas venus, attirés par d’autres lumières. Ce n’était pas difficile : Arlon ressemble à un vaste trou noir, se dévorant lui-même. Nous votons pour des personnes incapables d’insuffler l’énergie première, d’émettre des initiatives innovantes ou de prendre des décisions éclairées. A défaut d’en avoir dans nos rues, l’addition risque d’être salée. Si les élus ne veulent pas de nous, nous ne compterons plus sur eux. De semaine en semaine, ce début de XXIème siècle sonne non le glas de l’Histoire mais celui de la politique. Si les affaires de la cité requièrent trop de charges pour les élus, nous tâcherons de les refaire nôtres. En attendant, nous rangeons le papier cadeau et ravalons l’amère déception d’un gâchis encore une fois évitable. Plaie d’argent n’est pas mortelle, mais blessure d’estime est rancunière ...

Idelux ne répond plus


"Tout est bloqué. On ne fait rien." Voilà ce qui a été répondu à l'un de mes voisins qui réclamait auprès d'Idelux le ramassage des poubelles dans notre rue COMMERCANTE.
Autre suggestion de leur part : les rentrer s'ils ne passent pas. Bien sûr dans une rue où il n'y a pas de jardin mais que des appartements, on va garder nos poubelles bio et dégradables dans nos intérieurs...
Apparemment, ils sont en réunion pour trouver des solutions. Il ferait mieux d'être dans la rue pour enlever nos ordures !

samedi 18 décembre 2010

Un coup à prendre, X. de Moulins, Au Diable Vauvert


L'année n'est pas encore terminée mais, pour moi, elle touche à sa fin littéraire car 500 nouveaux romans s'apprêtent à sortir (no comment !).
Premier de la série : un roman très réaliste et très contemporain sur le couple, la famille et surtout la séparation.
Antoine quitte sa femme (sur un coup de tête), devient alors père monogame (voire père tout court) et se prend une grand claque dans la tronche.
Un livre qui fait du bien et remet les choses à leur place : on n'en aime que plus sa famille et son conjoint après l'avoir terminé.

vendredi 17 décembre 2010

Ego tango, C.De Mulder, Champ Vallon


Je peux comprendre que l'on ait donné un prix littéraire (le Rossel en l'occurence) à ce roman si l'on tient compte de la manière dont il est écrit. Dans un rythme identique au tango. Mais, ni les personnages, ni l'histoire ne m'ont plu.
Pas pour moi.

jeudi 16 décembre 2010

Pour l'amour du chocolat, J.C.Carmona, Grasset


La neige n'a pas que du mauvais : grâce à elle, je vous ai dégoté un nouveau coup de coeur !
2 - 3 heures de lecture intensive dans un style très rythmé. On revit des décennies de l'histoire mondiale au travers de quelques personnages, on écoute de la musique et évidemment on déguste du chocolat.
Ce texte qui semble facile et agréable offre une fin vertigineuse qui en fait un grand, très grand roman !

Mon vieux et moi, P.Gagnon, Autrement


Tout ça pour ça ! Un vieux adopte un homme encore plus vieux. Il le garde avec lui pendant 11 mois puis le rend au centre d'où il venait car il ne peut plus s'en occuper.
Ben, j'ai pas aimé.

Mercredi, A.Bertier, MeMo


Wouahhh ! Mais comment font-ils chez MeMo pour éditer autant de merveilles !
Aujourd'hui, c'est mercredi et Petit Rond et Grand Carré jouent ensemble à se transformer. Et nous jouons avec eux et jubilons de tant de beauté et de créativité.
Pour faire court : j'adore !

Le livre des cadeaux extraordinaires, collectif, Syros jeunesse


A chaque page, un cadeau extraordinaire que les enfants rêveraient d'avoir s'ils (ou nous les parents) avaient des pouvoirs extraordinaires. J'ai aimé l'idée (et certains cadeaux étaient vraiment sympas) mais surtout l'après : les enfants et moi avons alors imaginé d'autres cadeaux extraordinaires...

Un petit bout de nature, H.Ward et M.Craste, Editions de la Balle


Trop beau ! Un nouvel album de cette tout jeune maison d'édition De la Balle et encore une réussite ! J'ai adoré le dessin mais également l'histoire qui, d'abord dure, est en fait pleine d'espoir.

L'homme inquiet, H.Mankell, Seuil


Lentement mais sûrement ! La dernière enquête de Kurt Wallander est épaisse, avance à tout petits pas et est surtout parsemée des angoisses existentielles de ce policier bourru mais auquel nous nous sommes attachés depuis des années déjà.
En outre, sachant que ce sera la dernière, on voudrait qu'elle ne se termine jamais. Mais, toutes les bonnes choses ont une fin et les enquêtes de K.Wallander aussi. Adieu l'ami et profite bien de ta petite Klara ! (mais, enfin, je délire ! Ce n'est qu'un personnage de roman ! Ah oui ?)

L'issue, O.Steinhauer, L.Lévi


Milo Weaver travaille pour l'agence « Tourisme », un département secret de la CIA qui envoie ses « touristes » espions dans tous les coins de la planète. Quand il a pour mission de tuer une jeune moldave de 15 ans et de faire disparaître le corps, c'en est trop pour Milo. De plus, il y aurait une taupe chinoise à l'agence. Espèce d'anti-héros, Milo est écartelé entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre ses missions et son couple.
L'intrigue est serrée, psychologique, intelligente, tortueuse mais jamais invraisemblable : une véritable partie d'échecs à rebondissements. En découvrant « L'issue », j'ai retrouvé avec plaisir le roman d'espionnage que j'avais abandonné après les Ludlum.

dimanche 12 décembre 2010

Méchants, D.Balicevic, Vengeur Masqué


Hier soir, je suis rentrée à la maison avec ce livre sous le bras. J'ai dû dire STOP à mes loulous qui voulaient que je le lise et relise encore et encore. Rebelote ce matin.
Un livre animé sur les méchants qui peuplent les livres et les imaginaires.
C'est donc le coup de coeur de mes garçons.

samedi 11 décembre 2010

Petit extrait

Je suis en train de lire le dernier roman d'H.Mankell et je viens de m'arrêter sur ce dialogue :
- Je pars en vacances dans quelques jours, je crois que j'ai oublié de te le dire.
- Que vas-tu faire ?
- Rien, mais avec conviction, dans une vieille maison de garde-barrière au bord d'un lac des environs de Vasteras.
"Rien, mais avec conviction" : quelle belle réplique ! Quel beau projet de vacances !

vendredi 10 décembre 2010

Des milliers de jours, V.Gaudin et A.Jackowski, Belin


Peut-être le plus beau livre que j'ai jamais lu sur le cycle de la vie. Un petit album tout-carton en accordéon, d'une intelligence, simplicité et délicatesse incroyables.
Tout le monde doit l'acheter !

jeudi 9 décembre 2010

Je ne m'appelle pas Bernard, C.Cantais, L'Atelier du Poisson Soluble


L'Atelier du Poisson Soluble suite : après Raoul la terreur, C.Cantais revient avec un "livre poilu". Enfin, juste sur la couverture mais j'aime déjà beaucoup. Dedans, ce sont des personnages (espèces de boules de poils faits de peu de traits mais tellement réussis et expressifs) dont un qui NE S'APPELLE PAS BERNARD !!!! A vous de lire la suite : trop poilant (et ça, trop facile !).

mercredi 8 décembre 2010

Mes bêtises préférées, A. de Lestrade et J.Vaz de Carvalho, L'Atelier du Poisson soluble


Mea culpa : cela faisait (trop) longtemps que je m'étais pas intéressée à la très belle production des éditions L'Atelier du Poisson Soluble.
Premier lu, premier adopté : Mes bêtises préférées : drôle, très drôle (pipi, caca, crottes de nez, vous savez que j'aime ça). Avec des illustrations idéales. Et très exploitable avec les enfants.

mardi 7 décembre 2010

Le siècle, La chute des géants T1, K.Follett, R.Laffont


Fresque politico, diplomatico, historico, socialo, romantique pimentée de petites scènes légères et coquines; c'est là toute la subtile alchimie du cocktail auquel Follett nous a habitué. Dans ce tome 1 – 1914-1920 -, c'est l'histoire revisitée : une relecture personnelle de la période de la Grande Guerre qui cherche à comprendre les objectifs et les raisons de chacun des belligérants avec une certaine ouverture d'esprit et le souci de dépeindre l'atmosphère de l'époque. En plus, on voyage : Londres, Berlin, Saint-Pétersbourg, Vladivostok, Paris, la Somme, la Marne, Washington, Buffalo...
Mille pages agréables à lire (on en a pour son argent !) C'est le 17ème roman (sur 18) de Follett que je lis et je ne m'en lasse pas. Les meilleurs ? Les lions du Panshir, Les piliers de la terre, La marque de Windfield, L'histoire sans fin... J'attends impatiemment « Le siècle 2 » de la saga.
NB1 : Excellente 4ème de couverture.
NB2 : Mais qui est qui ? Génial, la liste de tous les personnages est présentée en tête de roman ! Ouf!

Le syndrome E, F.Thilliez, Fleuve Noir


Franck Thilliez, j'aime bien. Ses histoires fichent la trouille et sont en même temps intéressantes scientifiquement. Ici encore, sa théorie du Syndrome E tient la route et nous tient en haleine jusqu'au bout. Ou presque. Car il y aura, en avril prochain, une suite à ce nouveau thriller.
Pour passer un bon moment au coin du feu.

mercredi 1 décembre 2010

Si c'est trop tard pour le Grand Saint...

...il y a encore Noël.
En vrac, les enfants et moi avons lu et apprécié :
- Poussez pas !, M.Perrin, Milan jeunesse. Rigolo pour découvrir les animaux avec les petits.
- Léopold, chevalier aux mille pattes, N.Gouny, Frimousse. Encore (et oui, avec Hippolyte, difficile d'y échapper) un chouette album de chevalier.
- Blanche-Neige, B.Lacombe, Milan jeunesse. Trop beau et, en plus, version classique et non "Walt Disneyisée".
- Qui marche sur quoi ?, E.Zuber, Frimousse. Drôle tout simplement.

Cold in Hand, J.Harvey, Rivages


De facture classique mais non moins agréable, ce roman policier m'a séduite par ses personnages centraux auxquels je me suis rapidement attachée et par le réalisme de l'intrigue, dans une Angleterre moche et violente.
Mea culpa : je n'avais jamais lu John Harvey. Dès que j'aurai un moment, je retournerai aux débuts des enquêtes de l'inspecteur Resnick.

Fantômes d'hiver, K.Mosse, Lattès


La grande guerre a fauché toute une génération. Freddie Watson vit dans le souvenir de son frère mort au combat. Hanté par sa disparition et tentant d'échapper à sa désespérance, il erre dans le sud de la France, en Arriège. Sa berline tombe en panne non loin du village de Néans. (Prémonition ?) Il y rencontre Fabrissa lors d'une étrange soirée. « Un moment, je m'étais glissé dans une fissure du temps et Fabrissa était venue à moi. Fantôme, esprit ou femme bien réelle déplacée de son époque en ce froid mois de décembre. Cela échappait à mon entendement. » (p. 243)
Récit fantastique digne des « Contes et Nouvelles » de Maupassant : même style, même langue, même atmosphère pesante et oppressante dans une agréable traduction. Coup de cœur !
« Ce sont ceux que nous choisissons d'aimer et qui nous aiment qui nous font ce que nous sommes. » (p. 250)

Exit music, I.Rankin, Le Masque


Un poète dissident russe est retrouvé mort : crime crapuleux ou complot ?
« Exit » comme la dernière enquête de l'inspecteur John Rebus arrivé à l'âge de la retraite et à sa mise à pied à trois jours de la quille. « Music » comme le rythme palpitant et rocky qui scande l'écriture du récit. Cette 17ème et dernière enquête du sympathique et impertinent inspecteur écossais va laisser les lecteurs sur leur faim. John et le sergent Siobban Clarke vont nous manquer ! Rankin va-t-il supporter d'abandonner son héros ? D'autant plus que Mankell vient lui aussi d'écrire la dernière enquête de Wallander. Décidément !

samedi 20 novembre 2010

vendredi 19 novembre 2010

La belle au bois de dormant, Adolie Day, Toucan jeunesse


Suis-je véritablement objective lorsque je parle du travail d'Adolie Day ? Pas certaine mais ce n'est pas grave. J'aime la tendresse de ses dessins, la douceur de ses couleurs, la poésie de ses illustrations. Après le très très beau Chasseur de papillons, elle est de retour pour nous offrir une très élégante version de La Belle au Bois Dormant.

Les vies extraordinaires d'Eugène, I.Monnin, Lattès


Ce livre, il m'aura fallu des semaines avant de le lire alors que presse et libraires sont enthousiastes à son propos. Le problème : le sujet. Des parents en deuil d'un enfant né trop tôt, beaucoup trop tôt. Alors, je freine. Et puis, hier, j'y suis mise. Et j'ai bien fait. Si je ne l'avais pas commencé si tard dans la soirée, je l'aurais lu d'une traite tellement l'écriture m'a accrochée. La mère se tait et coud, le père écrit pour raconter Eugène. Et moi je suis tenue en haleine de savoir comment va se terminer cette année de deuil.
A la fois triste et drôle, émouvant, parfois agaçant aussi. Une belle réussite pour un premier roman.

jeudi 18 novembre 2010

Lectures à partir de 9 ans




Je ne lirai aucun de ces 3 livres (Violaine est encore un peu trop jeune) mais j'avais envie de vous les présenter quand même.
Ils sont beaux (magnifiquement illustrés, sous couverture cartonnée) et semblent passionnants. Donc, si vous avez des enfants de 9 ans ou plus, offrez-leur Kenny et le dragon de T.Di Terlizzi paru chez Pocket J et/ou La Roue des Vents de Vincent Joubert chez Ankama. Et pour les plus grands (12 ans), Krotokus 1e de Caryl Ferey (auteur talentueux de romans policiers) également chez Pocket J (c'est toujours mon côté pipi-caca mais rien que le titre me fait rire).

mardi 16 novembre 2010

Le requiem, A.Marinina, Seuil


Le meurtre d'un jeune étudiant de la milice, une prétendue fiancée dont le grand-père a tué les parents, une star du showbiz et son mentor et l'enquête commence pour Anastasia Pavlona Kamenskaïa du service de police analytique moscovite.
Polar qui n'a de russe que le nom des personnages et de l'auteure parce que l'intrigue aurait pu se passer n'importe où. Le récit commence d'ailleurs avec une excellente explication des traductrices concernant les prénoms et leur diminutif, le patronyme et le nom. (Explication très utile pour les non-initiés).
Agréable à lire même s'il ne révolutionne pas le genre. Le plaisir réside dans la construction de l'intrigue et dans les relations entre les personnages. Je suis d'ailleurs tenté de lire les précédentes enquêtes parues chez Seuil et Points.

Le chevalier courage !, D.Chedru, Hélium


Chouette ! Chouette ! Chouette ! Delphine Chedru est de retour avec un formidable album. Ici, elle mêle à la fois le livre dont on est le héros et le livre-jeu où des énigmes sont à résoudre dans le dessin. Beau, impressionnant et parfait pour vos petits chevaliers...ou leurs princesses.

Papa maman bébé, A.Vaugelade, Loulou et cie


Drôle, original et d'une grande efficacité, cet album pour les tout petits présente à chaque double page un papa, une maman et un bébé. Tout sauf des humains ou des animaux. Les enfants ont adoré.

vendredi 12 novembre 2010

Saleté !, C.Alifax, Stéphane Million éditeur


Roman troublant et obsédant (une fois commencé, impossible de s'arrêter) dans lequel l'auteure et la narratrice se mêlent sous le même nom à un point tel qu'on se demande si la folie de Chloé (dans le livre) ne touche pas Chloé (l'écrivain). Un style singulier et une écriture répétitive qui accentuent encore le malaise du lecteur face au mal-être des personnages.
Pour lecteurs en pleine forme ! Dur mais bon !

mercredi 10 novembre 2010

Nager sans se mouiller, C.Salem, Actes Sud


1ère de couverture, une jolie nymphette coquine sur fond psychédélique qui semble vous inviter à la suivre et j'ai suivi ... les aventures de Juan Pérez Pérez, dit Juanito, la quarantaine, officiellement cadre dans un grand labo pharmaceutique espagnol et officieusement tueur à gage pour l'Entreprise sous le pseudo de « numéro 3 ». Juanito est séparé de Létitia et a deux enfants avec qui il part en vacances dans un camping. Il doit changer ses plans parce qu'à la dernière minute, il a un contrat : surveiller une personne dans un camping nudiste, privé et sélect. Mais ses voisins de tente ne sont autres que son ex et son amant ainsi qu'un vieil ami qui lui doit un oeil et une jambe artificielle.
Qui est menacé finalement ? C'est une intrigue extrêmement bien maîtrisée aux péripéties souriantes et parfois un peu lestes, une écriture toute en douceur. Juan est très tendre quand il est Juanito et froid en numéro 3. Si la tonalité est humoristique, le scénario est extrêmement bien ficelé et inventif. Il faut attendre les 25 dernières pages pour percer le mystère. Nirvana !

Garçon ou fille, T.Blacker, Gallimard jeunesse


J’ai bien aimé ce roman même si, au début, je trouvais que l’auteur mettait du temps à placer le décor et les personnages. L’histoire est assez originale et amusante, les personnages très attachants, auxquels on peut facilement s’identifier. La fin est plutôt prévisible mais tout de même belle. Je recommande ce livre pour les salles d’attente, les bouchons ou tout autre endroit où l’on doit attendre.

Quelques livres pour enfants

- Rue Lapuce, C.Bonbon et A.Roi, Didier Jeunesse : livre pop-up et livre-jeu en même temps, cet album permet aux enfants de s'amuser pendant des heures. Coup de coeur d'Hippolyte.
- L'homme en carton, R.M.Galliez et S.Lhomme, Auzou : album très touchant sur un sujet que je n'avais jamais lu chez les enfants, la mendicité. Bonne idée. Bien traité.
- Le clown et la ballerine, L.Major et M.P.Emorine : classique mais efficace, une histoire d'amour entre un clown et une ballerine.
- La fée des secrets : K.Quesada et Cocci-Lune, MiC_MaC : pour celles et ceux dont les secrets seraient trop lourds à porter.
- Les Musiciens de la Nouvelle-Brême, P.Delye et C.Hudrisier, Didier J : conte classique revisité avec rythme et humour.

mardi 9 novembre 2010

Le testament de Jaffa, A.Mandelman, Liana Lévi


J'aurais très certainement plus apprécié ce roman si je l'avais lu d'une traite. Au fil des jours qui passaient et de ma lecture décousue, je me suis perdue dans les personnages, parfois nommés en arabe, parfois en hébreu pour, finalement, ne plus y comprendre grand chose.
Dommage car je trouvais ce livre particulièrement riche et intéressant, bien au-delà d'un roman policier.

Non, ce ne sont ni McDo, ni Quick qui ont inventé l'hamburger. Avec ce roman-nouvelle de Provost, on sait à présent que ce sont les descendants de la famille Plomeur de Quimper en Bretagne qui, par le plus grand des hasards, ont confectionné ce pain à la viande.
Ce petit conte étiologique, conte du « comment » et du « pourquoi » déguisé en un léger roman sans prétention aucune, a été une petite récréation poétique et plaisante dans mes lectures.

L'enquête, P.Claudel, Stock


L'Enquêteur est envoyé en mission pour découvrir la cause des nombreux suicides au sein de l'Entreprise – allusion sans doute aux nombreux suicides en France.
Enquête ? Quelle enquête ? Sinon une quête sur le sens de l'existence puisque Claudel se fait ici philosophe : il se la joue à la Kafka, à la Orwell. « Enquête » est une allégorie, une métaphore de la déshumanisation. Pas de noms mais l'Enquêteur, le Portier, le Serveur, le Veilleur, le Responsable, le Guide, le Fondateur, le Policier...
[Je ne pense pas, on pense à travers moi, ou plutôt on me pense. Je n'ai la possibilité d'aucune initiative.] [Ceci n'est pas une réalité. Je suis dans un roman, ou dans un rêve, et d'ailleurs sans doute pas dans un de mes propres rêves, mais dans le rêve de quelqu'un d'autre, un être compliqué, pervers, qui s'amuse à mes dépens.]
Monde de l'absurde et du surréel, « L'enquête » est un roman troublant, déroutant, dérangeant, obsédant, interpellant...
Géraldine n'a pas aimé et moi, je ne sais pas si j'ai vraiment aimé mais en tout cas pas détesté. La prose de P.Claudel reste l'atout majeur de ce récit noir.

jeudi 4 novembre 2010

Apocalypse bébé, V.Despentes, Grasset


Valentine, 15 ans, a disparu au nez et à la barbe de Lucie qui la filait pour le compte de la grand-mère. Lucie, détective officielle, aussi peu dégourdie que démotivée, fait appel à La Hyène, espèce de free-lance, débrouillarde et expérimentée, experte en bas-fonds qui prendra vite les rênes de l'enquête. Autour de l'ingénue et de la professionnelle gravitent un père veule, une grand-mère possessive, le monde gay des gouines, une mère arriviste et amorale, une gamine paumée et nymphomane... A travers cette enquête aller-retour Paris-Barcelone, V. Despentes décrit des milieux sociaux dans une style vif et parfois brutal exempt d'inutiles périphrases et dans un langue verte, trash, truffée d'argot et de verlan : [... lui mettre une petite mandale qui réaligne les chakras].
Malgré une chute inattendue et irréaliste suivie de la longue description du mal-être de Lucie, j'ai pris plaisir à lire ce roman.

jeudi 28 octobre 2010

La symphonie du temps qui passe, M.Signorini, Presses de la Cité


Léo l'a lu et l'a aimé. Une cliente également. Il était temps que je m'y mette. Malheureusement, la magie n'a pas fonctionné avec moi. Je dois être vraiment trop terre à terre...

mercredi 27 octobre 2010

Drôle de disparition, C.Lafaye-Latteux et E.Thuillier, MiC_MaC


Le Petit Chaperon Rouge est, comme d'habitude, envoyée par sa maman chez sa Mère-grand. Mais, le soir, elle n'est pas rentrée. Sa mère part donc à sa recherche et l'histoire traditionnelle se transforme pour une belle tranche de rigolade.

Le maître des estampes, Dedieu, Seuil J


Mais comment fait-il ? Dedieu a encore frappé et, comme toujours, il a frappé fort. Changement de registre (cette fois, l'estampe japonaise) et nouvelle réussite. Cet album (pas facile pour les plus petits) est magnifique.

mardi 26 octobre 2010

Chroniques de l'asphalte T3/5, S.Benchetrit, Grasset


J'avais lu les premières chroniques de l'asphalte, pas le tome 2. J'ai retrouvé avec grand plaisir le volume 3 des aventures de Samuel Benchetrit dans la banlieue de son adolescence. Essentiellement axées sur l'amour, ces nouvelles sont drôles, tendres et sans chichis. Un bon moment.

jeudi 21 octobre 2010

Le grand voyage de Mademoiselle Prudence, C.Gastaut, Père Castor


Mademoiselle Prudence, c'est un peu mon Apolline à qui il faut répéter cent fois de s'habiller sinon elle va être en retard... Mais, quand on voit comment elle voyage (dans sa tête), doit-on vraiment la secouer ?! Découpe à chaque page pour plonger avec Prudence dans la suivante. Album onirique et très esthétique.

10 p'tits pingouins, Fromental et Jolivet, Hélium


Album pop-up pour apprendre à compter ou plutôt à décompter, dans lequel un pingouin disparaît en rimes à chaque page. Vraiment sympa !

Grand Loup et Petit Loup, Une si belle orange, N.Brun-Cosme et O.Tallec, Père Castor


"quand même un petit peu triste" dixit mon Hippolyte, cet album sublimement illustré nous raconte une très belle histoire d'amitié et de bonheur entre Petit Loup et Grand Loup.

Le Grand Show des petites choses, G.Legrand, Sarbacane


La tête d'une brosse transformée en voiture, un tire-bouchon qui devient personnage ou un cintre-cheval, ainsi défilent de page en page toutes sortes d'objets détournés pour le plaisir des petits et des grands. Un Grand Show !

mercredi 20 octobre 2010

Daddy's girl, M.Orford, Payot suspense


Pays considéré comme le plus violent au monde, l'Afrique du Sud est (malheureusement) une mine d'or pour les romans policiers. Après un terrible Roses de sang, M.Orford revient avec les mêmes personnages pour une nouvelle enquête et de nouveaux drames. Cette fois, l'histoire tourne autour de la disparition de la fille du policier Riedwaan. Roman moins violent que le précédent, il n'en est pas pour autant moins intéressant car centré sur les gangs qui sévissent à travers le pays.

mercredi 13 octobre 2010

Mémoires gelées, C.Ceder, Lattès


Surfant (encore !?) sur la vague Millénium, les éditeurs français recherchent tous leur Stieg Larsson mais n'est pas auteur de roman policier suédois qui veut. Et dans ce cas-ci, c'est largement raté. Une petite intrigue, aucun suspense, de l'ennui et un abandon assuré.

samedi 9 octobre 2010

En moins bien, A.Le Guilcher, S.Million


Alors que j'ai piétiné deux semaines dans Rosa candida, il ne m'aura pas fallu une journée pour lire celui-ci. J'avais envie d'un livre qui me fasse rire, pari tenu. Avec un vocabulaire fleuri et des expressions pas piquées des hannetons, j'ai passé un excellent moment avec des personnages hauts en couleurs et très attendrissants malgré les apparences.
Drôle mais pas seulement...

vendredi 8 octobre 2010

Rosa candida, A.A.Olafsdottir, Zulma


Lent et contemplatif, il m'aura fallu beaucoup de temps pour me plaire dans ce roman. Mais, au bout du compte, je ne regrette pas le voyage. Un jeune homme, devenu papa par accident, s'en va au fin fonds de nulle part pour remettre en état un jardin exceptionnel. Un hymne à la vie, à l'amour et à la lenteur (ce qui me manque très certainement).

La carte et le territoire, M.Houellebecq, Flammarion


Ça démarre avec une panne de chauffage (original !!! Qui n'a pas connu cette situation ?) et puis c'est la « bio » du personnage principal, Jed Martin, artiste photographe puis artiste peintre. Beaucoup de sujets sont abordés à travers la vie de J.Martin : la vie de famille, les rapports père-fils, la vie affective, le monde artistique, les journalistes et critiques, les people (tels Frédéric Beigbeder et Jean-Pierre Pernaut), les galeristes... Est-ce une forme d'auto-dérision qui pousse Houellebecq à mettre le personnage de Houellebecq, lui-même, en avant ? Les regards des uns et des autres aussi réalistes que négatifs sur notre monde moderne sont écrits dans un style (irréprochable) à la Robbe-Grillet : des descriptions méticuleuses sur les sujets et les objets. On ne pourra pas échapper au mode d'emploi de l'appareil photo, ni à l'oligospermie et à la diropilariose du bichon.
Ni extase, ni ennui, juste un roman bien écrit, classique et moderne à la fois, qu'il m'a fallu du temps à terminer.

mercredi 29 septembre 2010

Folie furieuse, J.Attal, S.Million


Je n'avais plus lu un livre comme celui-là depuis (ouille !) 25 ans : un livre dont vous êtes le héros (vous vous souvenez de ces bouquins où on pouvait choisir la suite des aventures du personnage ?) ! Ou plutôt dont j'ai été l'héroïne pendant une bonne heure de plaisir et de rigolade, le tout sur fond de recherche du grand amour. Bon, apparemment, je n'ai pas gagné mais je me suis bien marrée. J'en redemande.
Il y a le même, version garçon : Pagaille monstre. Lâchez-vous et achetez-le(s) : ça ne mange pas de pain mais ça fait du bien !