Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.
Affichage des articles dont le libellé est Mankell. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mankell. Afficher tous les articles

dimanche 2 octobre 2016

Les bottes suédoises, H.Mankell, Seuil

Fredrik Welin, médecin retraité, a 70 ans. Il habite toujours sur son île de la Baltique et n’a de contacts qu’avec Ture Jansson, facteur retraité qui lui rend visite avec son bateau. Une nuit, il est tiré du lit par l’incendie de sa maison héritée de ses grands-parents. Au matin, la maison n’est plus qu’une ruine fumante. Il prend alors ses pénates dans la petite caravane de sa fille au fond du jardin. Il ne possède plus rien et une de ses obsessions est d’acheter des bottes « made in suède ». Après « Les chaussures italiennes », on retrouve le vieil homme qu’il est devenu avec ses peurs de la mort, ses questions sur le sens de la vie qui restent sans réponse. Il est aigri, bourru et presque seul. Même si le récit est agréable à lire, ce roman de Mankell me laisse sur ma faim : il se passe peu de choses et c’est assez pessimiste sauf le dénouement. Un roman de trop ?


lundi 12 septembre 2016

Les bottes suédoises, H.Mankell, Seuil

S'il est certain que j'ai préféré Les chaussures italiennes aux Bottes suédoises et que, plus d'une fois pendant la lecture de ce roman, je me suis demandé si l'auteur en était véritablement Henning Mankell, en fin de compte, j'ai plutôt apprécié cette suite. Un simple et bon moment !

lundi 24 août 2015

Daisy sisters, H.Mankell, Seuil

Paru en suédois en 1982, Daisy Sisters est le premier roman de Mankell mais le dernier à être édité en français ! Nous sommes en Suède, de 1941 à 1981 ; le récit brosse le destin d’Elna, d’Eivor sa fille et de ces générations de femmes : ados, mères, épouses, ouvrières, grand-mères… C’est un regard sur l’évolution de la condition des femmes de l’après-guerre suédois tout empreint de féminité et de féminisme. Il ya chez Mankell des réflexions profondes sur la société et les réalités de la vie : « … un rappel angoissant de la nature éphémère de l’existence » ; « on ne peut pas remonter le temps et espérer retrouver ce qu’on a perdu » ; « tu n’es pas habillée comme la personne que tu es mais comme celle que tu penses devoir être » (…) C’est un roman émouvant, attachant et prenant dans lequel on retire des leçons de vie pleines de profondeur.

vendredi 16 janvier 2015

Une main encombrante, H.Mankell, Seuil

Avec L’homme inquiet (2010), Mankell annonçait la fin de la série du commissaire Wallander mais depuis sont parus La faille souterraine et autres enquêtes (2012) et ensuite Une main encombrante, enquêtes oubliées dans un tiroir. Wallander, proche de la retraite, est épuisé et aspire à acquérir une petite ferme isolée dans ses moyens, et ensuite un chien pour lui tenir compagnie. Il pense avoir trouvé son bonheur, mais… ! C’est d’abord le plaisir de retrouver Wallander et de partager à nouveau ses soucis (pour les lecteurs fidèles) et puis une bonne petite enquête bien ficelée, ça fait du bien.

jeudi 23 janvier 2014

Un paradis trompeur, H.Mankell, Seuil

Nous sommes en 1904. Quittant sa Suède natale et la misère, Hanna Renström, 18 ans, s’embarque comme cuisinière sur un vapeur en direction de l’Australie pour une vie meilleure. Au cours de la traversée, elle se mariera avec le second, puis deviendra vite veuve. Elle s’échappera alors du navire lors d’une escale au Mozambique. Son destin la conduira à devenir malgré elle propriétaire d’un bordel de prostituées noires. Dans la même veine que L’œil du léopard, Mankell nous parle du colonialisme, de cette supercherie du monde occidental, de l’hypocrisie et du mépris des blancs (sans majuscules) pour les autochtones. Même leçon : un blanc ne comprendra jamais l’Afrique noire (et vice-versa). Excellent récit qui nous fait réfléchir sur les relations blancs/noirs et sur la colonisation, suite inéluctable de l’esclavagisme. « Celui qui vole à autrui sa liberté ne peut jamais s’attendre à être proche de lui ». Merci, monsieur Mankell, pour ce coup de cœur !

vendredi 7 décembre 2012

La faille souterraine, H.Mankell, Seuil

Wallander avant Wallander ! Mankell répond ainsi aux voeux de ses fidèles lecteurs en rédigeant/reprenant/réactualisant des enquêtes de son fameux commissaire avant « Meurtriers sans visage », le 1er de la série des Wallander. 
5 récits et donc 5 enquêtes dans lesquelles on découvre d'abord un jeune Wallander de 22 ans, simple policier en uniforme maladroit et puis un Wallander, enquêteur à la Crim'. Les enquêtes d'abord simples, se compliquent au fur et à mesure que le bientôt commissaire prend de l'âge. C'est tout le plaisir de retrouver ce personnage avec ses problèmes personnels ; sa famille, sa séparation avec Mona, ses relations avec sa fille Linda et celles avec son père qui peint toujours le même tableau avec ou sans « grouse » - et ses réflexions sur l'évolution de la société suédoise. J'ai vraiment passé des moments très agréables en tant que lecteur assidu de Mankell que ce soit avec ou sans Wallander. Une oeuvre, l'ensemble, à découvrir ou à redécouvrir absolument !

mardi 29 mai 2012

L'oeil du léopard, H.Mankell, Seuil

Ce n'est pas l'auteur de polars suédois que l'on retrouve ici mais un Mankell social et humaniste. A travers le destin d'Hans Olafson, enfant, adolescent et jeune adulte dans la Suède du nord et adulte dans une Zambie post-coloniale, c'est le portrait d'une Afrique noire de 1969 à 1988 où la cohabitation entre le Blanc et le Noir semble bien impossible.  Cette vision réaliste sans doute et sans concession pour les uns comme pour les autres interpelle le lecteur et le force à réfléchir sur la confrontation des deux cultures et son constat est implacable : « L'homme blanc n'a jamais compris l'Afrique ! ». 
Comme on le sait, Mankell partage sa vie entre Suède et Mozambique et on peut penser qu'il connaît bien cette partie africaine. Publié en 1990 en Suède, il sortira en 2012 ans chez nous : c'est donc une image de l'Afrique de voilà 22 ans et depuis, on peut penser que les choses et les mentalités ont sans doute évolué. C'est un roman dur, difficile mais tellement fort.

mardi 17 avril 2012

L'oeil du léopard, H.Mankell, Seuil

Henning Mankell a deux casquettes d'écrivain : celle des romans policiers et celle des récits africains. Pour ce texte écrit il y a longtemps en suédois (1990) et seulement traduit maintenant en français, c'est la deuxième casquette qu'il a enfilé.
Il nous y raconte l'histoire de Hans Olofson parti en Afrique pour peu de temps et qui y restera vingt ans. Il nous y raconte surtout l'Afrique, les Blancs et les Noirs, le racisme, la corruption, les femmes qui portent ce continent,...
Un roman vraiment passionnant mais que dirait-il de l'Afrique en 2012 ?

mardi 3 janvier 2012

Le Chinois, H.Mankell, Seuil


Il y a des auteurs dont on ne se lasse pas. Henning Mankell fait partie de ceux-ci. Après une lecture passionnée de ce roman par mon mari, j'ai eu d'autant plus envie de le lire. Et encore une fois, je me suis laissée emportée. Par l'intrigue évidemment, mais plus encore par le contexte historique et sociologique de cette enquête. On remonte à la construction du chemin de fer aux USA par des esclaves de toutes origines, on traverse la Chine et des décennies d'histoire, on se pose des questions sur l'invasion actuelle de l'Afrique par les Chinois,...
Du début à la fin, c'est un roman qu'on ne peut lâcher et qui nous manque quand sa lecture en est terminée.

mardi 13 décembre 2011

Le Chinois, H.Mankell, Seuil


Le roman commence avec le massacre de 19 personnes dans un tout petit village isolé du nord de la Suède ; seules trois personnes y ont échappé. Commence alors une enquête parallèle : celle de la police et celle d’une juge de Helsinborg qui se sent concernée par la mort des parents adoptifs de sa mère. Au-delà de l’intrigue, Mankell nous fait revivre les conditions de vie des paysans chinois dans la Chine féodale du XIXème siècle, puis l’exploitation des ouvriers étrangers durant la construction de la ligne ferroviaire américaine à la même époque. On arrive alors à Pékin en 2006 où la libéralisation suit son cours : politique qui laisse les pauvres pauvres et fait les riches plus riches grâce à la corruption et au néocolonialisme sino-africain. Ce sont des pages d’histoire et d’actualité revisitées. Finalement, l’intrigue reste très secondaire à côté des réflexions politiques (philosophiques, sociologiques ?) de Mankell. Je suis un inconditionnel de cet auteur et je le reste après ce 14ème roman lu. Un polar peut ne pas être simplement un polar mais il peut aussi amener à réfléchir sur le monde ; ce qu’il a été et ce qu’il est. J’ai beaucoup aimé.

samedi 8 janvier 2011

L'homme inquiet, H.Mankell, Seuil


(déjà commenté par Géraldine)
Dernière enquête du commissaire Kurt Wallander. Il approche de la soixantaine et pense tout doucement à la retraite. Il a réalisé un vieux rêve : une maison à la campagne et la compagnie d'un chien. En plus, il est très heureux d'être enfin grand-père, celui de la petite Klara, fille de Linda entrée elle-aussi dans la police. Le beau-père de Linda est un ancien de la marine suédoise et il disparaît quelques jours après avoir confié certains renseignements à Wallander concernant des faits passés durant la guerre froide : la présence de sous-marins dans les eaux territoriales suédoises et des soupçons d'espionnage. Quelques jours plus tard, la belle-mère de Linda disparaît à son tour.
Plus que l'enquête pas très palpitante, c'est essentiellement les états d'âme, les sentiments, les émotions de Wallander qui font tout l'intérêt de ce roman. Le commissaire se sent tout à coup vieillir et ses réflexions balancent entre souvenirs et avenir. Ayant plus ou moins son âge, il n'y avait aucune difficulté à m'identifier au personnage que j'ai suivi fidèlement à travers toutes les enquêtes précédentes. Je suis, de plus, un inconditionnel de Mankell et je sais à chaque fois que je vais passer un bon moment de lecture. C'était encore le cas ! Wallander va me manquer...

Eh oui, Gé, "Ne rien faire avec conviction" , c'est enfin faire ce que l'on a envie avec conviction et prendre le temps de le faire. "Ne rien faire", c'est en fait être toujours occupé mais ce qui n'est pas fait aujourd'hui, sera peut-être fait demain. Carpe diem !

jeudi 16 décembre 2010

L'homme inquiet, H.Mankell, Seuil


Lentement mais sûrement ! La dernière enquête de Kurt Wallander est épaisse, avance à tout petits pas et est surtout parsemée des angoisses existentielles de ce policier bourru mais auquel nous nous sommes attachés depuis des années déjà.
En outre, sachant que ce sera la dernière, on voudrait qu'elle ne se termine jamais. Mais, toutes les bonnes choses ont une fin et les enquêtes de K.Wallander aussi. Adieu l'ami et profite bien de ta petite Klara ! (mais, enfin, je délire ! Ce n'est qu'un personnage de roman ! Ah oui ?)

mercredi 2 juin 2010

Pas seulement un écrivain


Henning Mankell est non seulement l'un des meilleurs écrivains suédois contemporains (et pas uniquement pour ses polars) mais c'est aussi et surtout un homme engagé : il était sur l'un des bateaux de la flotille ayant tenté de forcer le blocus de Gaza. Il vient d'être libéré par les autorités israëliennes. Chapeau bas !

lundi 11 janvier 2010

Les chaussures italiennes, H.Mankell, Seuil


Paul et Léo (chronique récente) m'avaient dit énormément de bien de ce roman : je confirme. Il est magnifique. Réflexion sur la vie et la mort, remise en question personnelle, regrets, pardon,... Tant de sujets privés qui nous taraudent tous mais également critique de la société (suédoise) contemporaine. Nombre de thèmes parfaitement traités par Mankell. A lire absolument.
Seul bémol : deux horreurs de traduction (p.44 "combientième". p.158 : "nombre innombrable") parmi quelques fautes dont la lectrice que je suis se serait bien passée.