Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.

samedi 25 mai 2013

Annabel, K.Winter, Bourgois

Fin des années 60, dans le Labrador canadien, naît un enfant. Qui n'est ni fille, ni garçon, mais les deux à la fois. Ses parents choisiront alors pour lui et en feront un garçon. Mais, est-ce bien sa nature ?
Sans voyeurisme aucun, avec une grande délicatesse, beaucoup d'intelligence et de sensibilité, l'auteure aborde un sujet rare et difficile et en fait un grand roman. Tout simplement magnifique !

Agent 6, T.R.Smith, Belfond

- Janvier 1950, Moscou, place de la Loubianka, siège de la police secrète, Leo Demidov est un agent très performant du KGB de la Russie post-stalinienne. - Moscou 1965, Leo, ex-agent du KGB, voit partir Raïssa, son épouse, Elena et Zoïa, leurs deux filles adoptives accompagnant une délégation de chanteurs russes pour un concert pacifique à Manhattan. Nous sommes en pleine guerre froide. Raïssa ne reviendra pas ! - 1973, frontière finlandaise, Leo est arrêté dans sa tentative pour rejoindre les USA. - 1980, Kaboul, Léo est conseiller militaire et formateur de stagiaires pour la police secrète afghane. 
A travers ce récit, c'est le destin et la quête de vérité de Leo Demidov, personnage principal qu'on avait côtoyé dans Enfant 44 (2010)  et dans Kolyma (2011). Aussi palpitant que les deux premiers, Agent 6 n'est ni un polar, ni un roman d'espionnage même si KGB et CIA s'y confrontent, mais un excellent roman qu'on ne peut lâcher, tantôt dur et tantôt humain avec ses dilemmes angoissants. 
Smith récidive pour notre bonheur ! On en redemande !

mardi 21 mai 2013

Baby love, J.Maynard, P.Rey

Malgré un style assez pauvre (changement de personnages au rythme des paragraphes), une confusion persistante entre les protagonistes et un démarrage difficile, je suis allée au bout de ce roman écrit en 1981, racontant l'histoire de plusieurs jeunes filles mères ou enceintes dans l'Amérique profonde de cette époque (mais, parfaitement transposable maintenant). Le suspense monte crescendo et le livre ne nous lâche plus jusqu'aux drames finaux.

Les insurrections singulières, J.Benameur, Babel

Antoine, ouvrier spécialisé dans une usine sidérurgique française, fait sa crise de la quarantaine. Il ne sait plus qui il est, ce qu'il veut : « Je me suis pris pour le sauveur de la classe ouvrière pour les beaux yeux de Kalima. Elle se faisait du cinéma. Et moi je suis entré dans son film. J'ai fini par y croire, à mon rôle.» 
Avec ce roman, on fait arrêt sur image, on met sur pause et on regarde la mire : mise au point des blancs, des gris, des noirs, des couleurs et on recadre, on se recadre. On se pose et on réfléchit à ce qu'on a été, à ce qu'on est devenu et à ce qu'on sera. C'est un de ces romans qui ont le don de bouleverser vos façons de penser, vos idées toutes faites, vos préjugés, votre éducation, vos convictions ; Benameur, c'est un style, c'est une écriture et c'est simplement du bonheur car chez elle, rien n'est superficiel, tout est profondeur empli d'optimisme. Bonjour la vie ! 

vendredi 17 mai 2013

A toi pour l'éternité, D.Glattauer, Grasset

Très fatiguée par toutes les activités qui se sont succédées les dernières semaines, je ne me sentais pas capable de lire autre chose qu'un roman que j'imaginais léger et amusant comme l'avait été Quand souffle le vent du nord. Malheureusement, je n'ai même pas eu cela avec le dernier livre de Daniel Glattauer.

jeudi 16 mai 2013

La femme sans tête, A.Albertini, Grasset

Tout part d'une enquête non élucidée, une affaire classée, à Santa-Lucia au Cap Corse avec la découverte en 1988 d'un corps de femme sans tête dans un caveau familial. Gabielle Nicolet (nom d'emprunt) avait disparu avec son fils Yann 9 ans plus tôt en Corse. Pas vraiment un roman mais plutôt une « chronique journalistique et judiciaire » qui retrace l'enquête du major Serrier de la brigade de recherches et les investigations d'un journaliste qui tente de comprendre l'affaire après coup. 
Qu'on retrouve un homme une balle dans la tête, ça c'est une affaire corse mais pas un cadavre de femme décapitée. Le récit décrit un cadre de vie et une atmosphère corses avec ses rancunes, ses jalousies, son omerta, ses histoires de famille. Ça se lit avec une certaine distance ! Intéressant mais pas vraiment palpitant !

La première chose qu'on regarde, G.Delacourt, Lattès

Arthur est mécanicien-garagiste, il a 20 ans. Jeanine Foucamprez est le sosie parfait de Scarlett Johansson, elle a 26 ans. Deux personnages déjà cassés par leur passé malheureux. Arthur est simple, naïf et maladroit dans ses relations. Elle est désabusée par la vie. Ils vont vivre une semaine ensemble. Le style est agréable mais le récit est aussi gris que les personnages malgré quelques moments de bonheur furtifs et les trop nombreuses références musicales et littéraires finissent par devenir lassantes. Plaisir mitigé !