Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.
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jeudi 12 janvier 2017

Au commencement du septième jour, L.Lang, Stock

Thomas a 37 ans, marié à Camille. Ils ont deux enfants : Elsa et Anton. Ils sont informaticiens tous les deux et sont sur de gros projets. Camille doit revenir le week-end pour fêter leur anniversaire de mariage. Au milieu de la nuit, un coup de téléphone : Camille a eu un accident, elle est dans le coma. Thomas ne comprend pas : que faisait-elle sur cette route au milieu de la nuit ? Commence alors pour Thomas une quête : se retrouver, retrouver son frère dans les Pyrénées natales ; y fusionner avec la nature sauvage. Et puis, retrouver sa sœur Pauline, exilée volontaire dans la jungle camerounaise. Arrivera-t-il à se réconcilier avec lui-même ? Roman long et difficile fait de cogitations, de souvenirs, d’anecdotes, de descriptions, d’introspections, de questions… Je suis finalement arrivé au bout en me disant que j’ai dû passer à côté de quelque chose parce que je ne suis jamais vraiment rentré dans ce roman. Dubitatif !

mardi 9 septembre 2014

On ne va pas se raconter d'histoires, D.Thomas, Stock

Des microfictions, plus que des nouvelles, sur la vie, l'amour, les sentiments et ressentiments. Une vision plus que juste des hommes et des femmes, de l'Homme. Souvent drôles, mais pas toujours.... Un vrai régal !

samedi 8 septembre 2012

L'homme qui aimait ma femme, S.Greggio, Stock

L'homme qui aimait ma femme : quel titre prometteur ! Une histoire torride en perspective... Et bien, non, pas du tout. Une histoire dramatique dans laquelle deux frères aiment la même femme ; celui qui ne la possède pas en perdra la sienne ; le premier ne se privera pourtant jamais de tromper cette femme tant désirée ;...
Alors que j'ai trouvé le livre décousu, faisant étalage d'une culture parfois saoulante, dans lequel je ne déterminais pas toujours le narrateur, j'ai pourtant été jusqu'au bout de cette triste histoire, intriguée probablement par la manière dont les hommes et les femmes peuvent se faire souffrir.

samedi 18 août 2012

Un repas en hiver, H.Mingarelli, Stock

Il fait froid, très froid. C'est l'hiver. Et la guerre. En Pologne. 3 Allemands, un Juif et un Polonais se retrouvent dans une maison abandonnée. Vont y brûler ce qu'ils trouvent. Cuisiner le peu qu'ils ont. Partager un repas. Ainsi que leurs souffrances...

jeudi 22 décembre 2011

Le scénariste, L.Gardel, Stock


Malheureusement, cette triste fin d'année en manque de clients m'a laissé le temps de lire.
Heureusement, c'est accompagnée d'un excellent roman que j'ai passé ces jours difficiles.
J'ai senti dès les premières pages que ce livre me plairait. Une écriture simple et efficace et des mots tels que mise en abîme, ellipse, mais également joie, bonheur, amour me sont venus aux lèvres.
Un roman comme on n'en a pas assez ! Je me réjouis de vous le proposer dès la rentrée de janvier.

mardi 27 septembre 2011

La mémoire égarée, S.Harvey, Stock


Avec ce premier roman d'une ambition peu commune, S.Harvey vise un tour de force : faire comprendre de l'intérieur, au travers de ses pensées, émotions et agissements, la lente dégradation de Jake, atteint de la maladie d'Alzheimer, qui se débat, entre son fils emprisonné dans la prison qu'il a lui-même rénovée - Jake est un de ces architectes tout béton des '60s, qui rêve maison en verre et construit cage à lapins -, l'ombre puissante de sa mère Sara et celle, à la fois légère et indécise d'Helen, qui fut sa femme, peut-être moins fidèle que lui, finalement, qui rêvait à Joyce, opportunément inaccessible de l'autre côté de l'Atlantique.
Parfois difficile mais toujours impressionnant.

samedi 20 août 2011

La fausse porte, X.Houssin, Stock


La fausse porte. Pour moi, la mauvaise porte...
J'en retiendrai toutefois l'inscription sur le mur du collège, en lettres majuscules : Le temps perdu ne se rattrape jamais (encore cette question de temps !).

samedi 30 juillet 2011

Purge, S.Oksanen, Stock


Extraordinaire. Au sens premier, propre et plein. Purge rélève une maîtrise scénaristique et stylistique réellement impressionnante.
Mi-finnoise, mi-estonienne, S.Oksanen trace, sur près d'un demi-siècle, l'histoire d'Aliide qui, littéralement menée par son amour pour Hans, mettra tout en oeuvre, de l'admirable à l'épouvantable, pour obtenir, fût-ce un regard de celui qui n'a d'yeux que pour Ingel.
Quel amas de frustration et d'aigreur que la vie d'Aliide - bientôt Truu - à la poursuite éperdue d'un Graal constamment sous son nez et irrémédiablement hors de sa portée.
Oksanen dépeint une Estonie dépossédée, soumise en alternance aux communistes, aux fascistes, aux communistes, confrontée finalement à l'ouverture, la restitution des terres, aux litanies vengeresses, à une liberté, étrange voire étrangère.
Je cède rarement à l'enthousiasme reconstruit de la quatrième de couverture. Je ferai une exception pour ce roman, avec Nancy Huston : "J'espère que tous les lecteurs du monde, les vrais, liront Purge".

vendredi 17 juin 2011

La confusion des peines, L.Tardieu, Stock


Je n'aime pas les livres d'autofiction qui prétendent être des romans. Donc, premières pages et agacement quant à la confusion des genres.
Mais, pourtant... Je lis et je lis encore. Quelque chose me trouble dans cette histoire. Dans cette écriture. Et le style et le sujet m'emportent. Jusqu'à ne plus pouvoir m'arrêter et ne rentrer à la maison qu'après avoir terminé la lecture de ce livre.
Laurence a écrit ce texte malgré la demande expresse de son père de ne l'écrire qu'après sa mort. Elle n'y règle pas ses comptes mais raconte : la condamnation de son père et son emprisonnement, la maladie de sa mère et son décès, ses souffrances personnelles mais aussi les nôtres.
Osé ? Fou ? Courageux ? En tout cas, une belle déclaration d'amour.

mardi 9 novembre 2010

L'enquête, P.Claudel, Stock


L'Enquêteur est envoyé en mission pour découvrir la cause des nombreux suicides au sein de l'Entreprise – allusion sans doute aux nombreux suicides en France.
Enquête ? Quelle enquête ? Sinon une quête sur le sens de l'existence puisque Claudel se fait ici philosophe : il se la joue à la Kafka, à la Orwell. « Enquête » est une allégorie, une métaphore de la déshumanisation. Pas de noms mais l'Enquêteur, le Portier, le Serveur, le Veilleur, le Responsable, le Guide, le Fondateur, le Policier...
[Je ne pense pas, on pense à travers moi, ou plutôt on me pense. Je n'ai la possibilité d'aucune initiative.] [Ceci n'est pas une réalité. Je suis dans un roman, ou dans un rêve, et d'ailleurs sans doute pas dans un de mes propres rêves, mais dans le rêve de quelqu'un d'autre, un être compliqué, pervers, qui s'amuse à mes dépens.]
Monde de l'absurde et du surréel, « L'enquête » est un roman troublant, déroutant, dérangeant, obsédant, interpellant...
Géraldine n'a pas aimé et moi, je ne sais pas si j'ai vraiment aimé mais en tout cas pas détesté. La prose de P.Claudel reste l'atout majeur de ce récit noir.

jeudi 23 septembre 2010

L'enquête, P.Claudel, Stock


Evénement éditorial et médiatique, le nouveau roman de P.Claudel n'en a pas été un pour moi. Ennuyeuse, "déshumaine", absurde, cette histoire (enquête sur une vague de suicides dans une Entreprise) qui pourtant me tentait m'a énervée. Mais peut-être était-ce le but.

mercredi 25 août 2010

Où on va papa ?, J.L.Fournier, Stock ou LGF


Le narrateur est père d'un enfant handicapé profond, puis d'un second. C'est le ciel qui lui tombe sur la tête, coup sur coup. Il parle d'eux, de lui, des autres, de l'ironie du sort, tantôt avec un humour caustique, tantôt avec tendresse.
Le ton est juste sans pathos ni mélo et parfois même un peu détaché. Le sujet était délicat mais a été très bien abordé. Une heure et demie de lecteur prenante.

mardi 27 juillet 2010

La jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler, M.Folco, Stock


Malgré un titre peu engageant puisqu'il fait référence à ce personnage abject qu'on voudrait qu'il n'ait jamais existé, c'est avec une petite pointe de curiosité que j'ai ouvert cette « biographie » imaginaire. La jeunesse fictive proposée par Folco, bien qu'elle repose sans doute sur une documentation sérieuse, n'est pas prémonitoire pour la suite de la vie du dictateur : elle aurait pu être celle de n'importe quel enfant de l'époque. Banalisation, certes, mais on retrouve à travers le récit certains traits de caractère d'Hitler : entêtement, refus de toute autorité, arrogance, volonté de persuader par des discussions enflammées, questions sur les ethnies... Ah ! si l'Académie des Beaux Arts de Vienne lui avait permis de devenir l'artiste qu'il souhaitait être, le petit peintre maudit ne serait pas devenu ce que l'histoire en retient !
Fiction agréable à lire grâce au style narratif de Folco et aux descriptions de la vie quotidienne.
Commentaire de la libraire : mon mari, fan de Michel Folco, a cette fois encore aimé ce nouveau roman, toujours aussi bien écrit, drôle et érudit.

vendredi 18 juin 2010

L'Entreprise des Indes, E.Orsenna, Stock


Je n'aime ni les romans historiques, ni les récits de voyage. Pas de chance avec ce livre dans lequel E.Orsenna met en scène Bartolomé Colomb, frère du célébrissime Christophe, racontant sa vie de cartographe... Et probablement la découverte de l'Amérique. Mais, je n'en saurai rien car je suis restée à quai avant la page 200.

mardi 15 juin 2010

La ballade de Lila K, B.Le Callet, Stock


Alors que la fin de l'année scolaire pointe le bout de son nez, pour moi, c'est la préparation de la rentrée littéraire qui s'annonce. Premier roman reçu, premier roman lu.
Blandine Le Callet, auteure ayant connu le succès grâce à Une pièce montée, revient (enfin) avec un roman d'un tout autre genre. La Ballade de Lila K est un roman d'anticipation se passant au début du 22e siècle, dans un pays coupé en deux entre la partie Intra-muros et la Zone (Paris ?) où la tendance sécuritaire que la France connaît déjà a pris le dessus. Tout le monde est fiché, suivi et surveillé. Lila a été arrachée très brutalement à sa mère alors qu'elle est petite et se retrouve dans le Centre pour y être "moulée". Malheureusement pour les Etroits, elle est très intelligente et pas docile du tout. Durant tout le roman, elle n'aura qu'une obsession : retrouver sa mère et l'histoire de ses origines.
Roman très efficace, à l'écriture rythmée et qui tient toutes les clés pour (peut-être) devenir un succès de librairie.

lundi 22 mars 2010

L'ardoise magique, V.Tong Cuong, Stock


Deux adolescentes sont sur un pont : Alice saute, pas Mina. Pourquoi avoir sauté ? Pourquoi être restée ? Nous allons comprendre ces gestes au fil du récit, qui garde le suspense jusqu'au bout. Beau récit d'amitié, de questionnement d'adolescent, de désespoir et de survie.

jeudi 3 septembre 2009

Une année étrangère, Brigitte Giraud, Stock [lu pour vous par Emma]


Un beau livre intimiste. Un décodage fin, précis et subtil de la fin de l'adolescence et de ce qui se passe quand on vit à l'étranger (pour la narratrice, comme fille au pair en Allemagne), que le langage vous échappe et qu'on a l'impression de voir du même coup son identité se déliter. Une manière intéressante aussi de parler du nazisme, des rapports franco-allemands et des répercussions de l'Histoire sur la vie des hommes.

Interdire aux lecteurs de lire la 4e de couverture, qui est un vrai gâche-plaisir.

Emma

jeudi 27 août 2009

Philippe Routier, Pour une vie plus douce, Stock


Un père désespéré par son surendettement va tenter de mettre fin aux jours de son fils ainsi qu'aux siens. A la sortie de prison de ce père, le fils est là avec sa femme tant aimée. Mais, le malheur va encore frapper. Des années plus tard, il aspirera à une vie plus douce. Et c'est tout ce qu'on peut lui souhaiter.

Le prisonnier, Anne Plantagenet, Stock


Un homme est fait prisonnier. L'institutrice du village est appelée à s'occuper de lui jusqu'au petit matin. Au fur et à mesure du temps qui passe, ils vont s'attacher l'un à l'autre. Malheureusement, moi, je ne me suis pas attachée à eux.