Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.
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samedi 15 septembre 2012

L'escalier de Jack, J. Cagnard, Gaïa




D'emblée, l'humour grinçant fait son apparition et se succèdent les nombreux travaux entrepris par le protagoniste principal. La narration à la première personne est délaissée au profit d'une narration à la deuxième personne du pluriel, ce qui rend la lecture agréable. Derrière le ton humoristique, des sujets plus sérieux sont abordés, comme la difficulté de trouver un emploi, les problèmes relationnels au sein de la famille, le manque d'ambition, etc. Le personnage central découvre la littérature, qui aura un impact sur son comportement (ce que l'on ressent à première vue). Le début de L'escalier de Jack m'a paru très prometteur mais tel un soufflé mal préparé, le roman est vite retombé. En effet, l'humour disparaît au fil des pages et je ne perçois pas le sens du livre, particulièrement à la fin de l'ouvrage.

Les oubliés de la Lande, F. Juhel,  Edition du Rouergue



Entre merveilleux et réalisme, le lecteur suit l'enquête menée par un enfant de huit ans, aidé par son père adoptif. Le mystère créé autour du coupable est rapidement levé. L'intrigue policière n'est donc pas des plus passionnantes. Le lecteur assiste à un défilé de personnages, ayant peu de consistance, immunisés contre la Grande Faucheuse. Ce pouvoir, ils le doivent au lieu dans lequel ils ont installé leur village.  Cependant, derrière le registre plus fantastique, se pose peut-être une vraie question concernant la société. Les individus ont-ils droit à une seconde chance? La vie à l'écart de la société de consommation est-elle possible? Une histoire qui se lit mais de loin un livre qui se vit.

jeudi 6 septembre 2012

La réparation, Schneck C., Grasset




Colombe Schneck emmène le lecteur sur les traces de Salomé. Qui est-elle? Que s'est-il passé pour que les membres de la famille se taisent dès qu'il est question de cette petite fille disparue? La narratrice, suite à un souhait émis par sa mère, mène l'enquête et remonte dans le passé marqué par la Shoah. Le lecteur pourrait croire qu'il s'agit d'un énième ouvrage traitant de l'horreur de l'Holocauste. L'auteur nous plonge dans un récit plus intimiste, où un secret de famille pèse, pour être ensuite révélé. La narratrice désire connaître les raisons qui ont motivé le choix plus que difficile des soeurs de sa grand-mère. La réparation est un roman touchant, posant une question à laquelle il est difficile d'être confronté et surtout  difficile d'apporter une réponse juste.

mardi 4 septembre 2012

La grande bleue, N.Démoulin, Le Rouergue




Marie désire une vie bien différente de celle de sa mère. Elle aspire à la liberté mais à peine sortie de l'adolescence, elle épouse Michel, son premier amour, et attend leur premier enfant. Le lecteur peut suivre, à travers la destinée de la protagoniste, le paysage ouvrier des années septante. Sont abordées les thématiques des conditions des femmes, et plus particulièrement des femmes travaillant dans les usines. Le récit progresse lentement, sur un rythme pourtant rapide et saccadé de par la forte présence de phrases nominatives. Le personnage principal invite le lecteur mais pas au point que celui-ci s'y attache. Marie souhaite que sa vie change, tout comme nous, mais le bouleversement se fait tardif et de courte durée.

Le sermon sur la chute de Rome, J.Ferrari, Actes Sud



Ferrari invite le lecteur à suivre la destinée de divers personnages, liés les uns aux autres. Ceux-ci sont peut-être trop nombreux et le lecteur passe d'une vie à l'autre sans arrêt, ce qui pourrait apparaître dérangeant, mais les protagonistes et leurs malheurs parviennent à captiver notre attention. En outre, les apparences sont trompeuses, comme le souligne l'auteur : si le lecteur ressent l'impression que les ébats amoureux sont un élément central du roman, il n'en est rien.
En effet, derrière le monde charnel, la désillusion d'une existence trop superficielle apparaît, au travers de phrases un peu trop effilées ( et cela, tout au long du récit). Ferrari traite du désenchantement perçu par les personnages (plus particulièrement du personnage principal), une fois posé le bilan de leur vie, et cela, en se référant aux justes propos d'Augustin.