Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.

vendredi 30 mars 2012

Le passager, J.C.Grangé, Albin Michel


Un psychiatre, un cadavre humain à tête de taureau de combat, une capitaine de la crime qui va mener l'enquête tambour battant en poursuivant un suspect à travers le sud de la France (espèce de road movie solitaire) et puis Paris et La Rochelle. On tombe alors dans des cas qui relèvent de la psychiatrie : amnésie fugitive, syndrome du voyageur sans bagage, troubles de la personnalité et dans des meurtres rituels touchant à la mythologie grecque : le Minotaure, Icare, Ouranos, Orphée et Eurydice. Et puis, il y a cette 4ème de couverture qui résume parfaitement l'esprit du thriller : « Je suis l'ombre. Je suis la proie. Je suis le tueur. Je suis la cible. Pour m'en sortir, une seule option : fuir l'autre. Mais si l'autre est moi-même ? »
Avec Grangé, on est sûr de ne pas s'ennuyer : l'action est partout présente sans laisser le lecteur respirer, pas de répit et une intrigue implacable qui ne permet jamais d'anticiper.
Bref, 750 pages à bout de souffle !

jeudi 29 mars 2012

Saison brune, P.Squarzoni, Delcourt


Comment résumer une brique de 500 pages, d'une densité et d'une richesse qui m'ont prises aux tripes ? Une BD commencée ce matin et que je n'ai pu lâcher avant de l'avoir terminée car le suspense est insoutenable : la fin de l'histoire me dira peut-être de quoi sera fait notre avenir écologique, social, humain,...
Sombre, pessimiste ou réaliste (selon le point de vue de qu'on adopte), cet album est à mettre en toutes les mains : les déjà convaincus de la crise écologique, ceux qui s'en fichent ou qui ne savent rien et les climatosceptiques.

mercredi 28 mars 2012

mardi 27 mars 2012

Les fourmis n'aiment pas le flamenco, A.Derrière, Le Castor Astral


Sorte de petit ana où maximes, dictons, aphorismes, jeux de mots, affiches publicitaires et articles détournés, humour déjanté et surréaliste vous feront sourire.
A feuilleter quand on se sent maussade !
Un aperçu ?
Un petit mystère s'appelle un ministère
La vieille partouze caucasienne s'appelle aussi « l'âgée orgie »
En hiver, les durs de la feuille sont « oreillons surgelés »
La religion, c'est aussi évident que Dieu et Dieu font quatre
Le roi de la brièveté est surnommé « Sire Concision »
Ne dites pas « L?-'argent me dégoûte » mais « Le pèze m'écoeure »
Un couillon qui est contre le préservatif est un « con d'homme »
Mieux vaut un papa au rhum qu'un gâteux sec
Et la dernière qui me semble d'actualité :
Qui a un parachute doré se prépare à un atterrissage de fortune
Bonne lecture !
Commentaire de la libraire : outre un livre bien rigolo, c'est aussi un joli petit ouvrage, parfait comme cadeau.

Le livre de la vraie cuisine japonaise, collectif, Le Chêne


Lors de l'émission spéciale "Japon" en direct du Salon du livre de Paris, François-Régis Gaudry (animateur de la si délicieuse émission culinaire de France Inter, le dimanche de 11h00 à 12h00) a présenté ce livre comme étant la référence en matière de cuisine japonaise.
Amateurs de sushis, sashimis et autres délices nippons, à vos fourneaux !!!

samedi 24 mars 2012

Miséricorde, J.Adler-Olsen, Albin Michel


Miséricorde est un récit en alternance, à deux voix.
La première est celle de Merete Lyyngaard, vice présidente du parti démocrate, qui est enlevée et séquestrée dans une espèce de container/caisson de compression-décompression. Cette voix va décrire la torture physique et morale qu'elle va subir de 2002 à 2007.
La seconde est celle d'un policier de la brigade criminelle, Carl Mørk, qui revient au commissariat après s'être remis d'une balle à la tempe. Mal accueilli par ses collègues à cause de son caractère exécrable, il sera relégué comme chef d'un nouveau service « le département V » chargé de récupérer d'anciennes enquêtes non élucidées et abandonnées. On lui adjoindra Hafez el Hassad, un homme à tout faire syrien qui n'est même pas policier. Les deux comparses vont rouvrir le dossier (baclé) de Merete considérée comme morte noyée. Grâce à leur pugnacité et à leur perspicacité, ils vont découvrir de nouveaux indices et se lancer dans de nouvelles pistes. C'est un polar qui pose des regards sur la société et sur les relations des uns et des autres et c'est plus de la tension que du suspens que l'on ressent : on y entre progressivement et puis on s'y accroche vraiment. Très agréable à découvrir !

La querelle des livres, O.Larizza, Buchet-Chastel


Concernée en première ligne par l'avenir du livre (papier contre numérique ou pire - disparition de la lecture -), tout ce qui me tombe sous la main sur le sujet, je prends et je lis.
Bon condensé sur la question (enfin, il me semble pour ce que j'ai déjà lu en la matière), ce livre ne me rassure en rien même si l'auteur semble trouver plus de défauts au livre numérique qu'il n'aurait de qualités ou de progrès par rapport au papier.
Car, ma véritable inquiétude est celle-ci (je cite l'auteur, p.68 de son ouvrage) : "...la loi de l'économie met sournoisement en danger le livre traditionnel : en sabotant les capacités de lecture qu'il requiert. En tuant dans l'oeuf de potentiels bons lecteurs en devenir."

vendredi 23 mars 2012

Quand je serai ministre de la culture..., J.G.Carasso, L'Attribut

Il m'arrive parfois de rêver à un poste équivalent ou de me dire : "si seulement, j'étais en fonction, moi, je ferais ceci ou cela..."
Je ne pouvais donc pas passer à côté de la lecture de cet ouvrage. Sous forme de courrier ou de discours, J.G.Carasso se prend à s'imaginer Ministre de la Culture et nous rêvons avec lui à ce qui pourrait être fait si on y mettait les moyens et la volonté.
De belles idées, de beaux projets pour développer en nos enfants une sensibilité à la fois esthétique et humaine.

mardi 20 mars 2012

L'armoire des robes oubliées, R.Pulkkinen, Albin Michel


On m'avait dit que ce roman pouvait être comparé au Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. Ce n'est pas faux.
Un roman finlandais passionnant, touchant, autour d'une famille. Une grand-mère au seuil de la mort ; un mari désemparé et empli de remords ; une jeune maîtresse à l'amour inconditionnel ; une petite fille devenue grande et en souffrance de l'histoire de ses parents ; deux petites-filles dont l'une qui ne parvient pas à faire le deuil d'un amour passé ; ...
Bref, l'histoire de nombreuses familles. L'histoire de l'amour.

Les fleurs de l'ombre, S.Mosby, Sonatine


Christopher Dawson, écrivain, est obsédé par le roman La fleur d'ombre de son ami Robert Wiseman disparu mystérieusement. « Ce n'est pas l'histoire d'une petite fille qui disparaît mais celle d'une petite fille qui apparaît ? » Christopher sera retrouvé la moitié du corps immergée au pied d'un viaduc. Suicide ? mais pourquoi ? Son fils Neil va tenter de retracer l'histoire des derniers jours de la vie de son père et il tombe sur le fameux roman. Quant à Hanna Price, inspecteur de police, elle recherche la vérité sur ses origines floues et sur son père.
L'intrigue est une espèce de puzzle entre fiction et réalité, de mise en abyme avec une alternance de narrateurs. L'intrigue est tout à fait originale et le suspens est progressif.
C'est un roman dans un roman et c'est comme si les personnages du roman avaient pris vie et venaient punir leur auteur mais les personnages n'avaient pas pris vie, ils étaient déjà vivants.
Un bon moment de lecture.

jeudi 15 mars 2012

Le protectionnisme et ses ennemis, collectif, Le Monde Diplomatique et LLL

Ce petit livre regroupe 5 articles parus dans le Monde Diplomatique, entre 2003 et 2009, autour de la thématique du protectionnisme. Est-ce un bien ou un mal ?
A vous de juger, mais Jacques Sapir écrivait en mars 2009 : "...bref, (d')empêcher le commerce mondial de tirer tout le monde vers le bas".

La polygamie, pourquoi pas ?, C.Ternaux, Grasset


Polyamours, amours multiples, amours plurielles,... Termes récemment apparus (ou remis au goût du jour peut-être) pour désigner des hommes et des femmes qui aiment plusieurs personnes en même temps.
Dans ce registre de relations, C.Ternaux va plus loin en proposant la polygamie ou la polyandrie. Pourquoi faut-il nécessairement divorcer de son premier conjoint (que l'on aime toujours) pour refaire sa vie avec un autre ?
Les amours ne peuvent-ils pas s'ajouter les uns aux autres plutôt que s'exclure ? Quid de l'amour idéal, exclusif et éternel ?
J'aime ce genre de questions qui ébranlent nos certitudes...

mercredi 14 mars 2012

Volte-face, M.Connelly, Calmann-Lévy


A paraître le 9 mai.
Michael Connelly est un de ces auteurs à succès dont j'apprécie les romans policiers depuis bien longtemps.
Dans ce nouveau livre, Mickey Haller (La défense Lincoln) et Harry Bosch (l'inspecteur attitré de nombre de ses histoires) vont travailler ensemble pour tenter de refaire condamner un homme jugé une première fois, 24 ans auparavant, pour le meurtre d'une petite fille.
L'essentiel du récit se déroule durant la préparation du procès et pendant celui-ci. Et le suspense est bien présent : Jason Jessup est-il ou non coupable de ce meurtre ?
Rien ne laisse présager de la fin...bien trop abrupte selon moi.

mardi 13 mars 2012

Alex, P.Lemaître, Albin Michel

Alex, 30 ans, infirmière intérimaire, célibataire, extrêmement jolie, est enlevée soudainement en pleine rue alors qu'elle rentrait chez elle à pied. Son agresseur la séquestre dans un entrepôt désaffecté et elle se retrouve piégée dans une cage en bois à 2m du sol. « Je veux te voir crever » lui dit-il. Et c'est alors toute l'histoire d'Alex ; avant, pendant et après. L'enquête qui va suivre est interpellante quant à la véritable personnalité d'Alex et aux procédés policiers (interrogatoires, manipulations). On va de découvertes en découvertes de plus en plus macabres. La conclusion finale est énoncée par le juge aux policiers : « Bah, la vérité, la vérité? Qui peut dire ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas, commandant ! Pour nous, l'essentiel, ce n'est pas la vérité, c'est la justice, non ? »
Ambiance glaciale, intrigue implacable, personnages typés, suspens croissant et noirceur absolue à vous donner des frissons : pas moyen de lâcher le bouquin!
(A lire aussi du même auteur « Cadres noirs » chez Calmann-Levy, 2010)

Le tribunal des âmes, D.Carrisi, Calmann-Lévy


Qui a lu et aimé Le chuchoteur sera ravi de découvrir ce second roman de Carrisi.
Après un « accident », Marcus est sorti amnésique de son coma. Il est pris en charge par Clemente, un prêtre de la confrérie des Pénitents, pour enquêter sur la disparition mystérieuse de Lara, une jeune universitaire. Sandra, photographe de la police criminelle à Milan, est veuve de David, mort dans un accident à Rome ; mais était-ce vraiment un accident ? Comment connaître la vérité si ce n'est en enquêtant elle-même ? D'autres intrigues viennent alors s'imbriquer les unes aux autres en mêlant de nouveaux et nombreux personnages.
Le scénario est extrêmement bien construit, complexe, efficace, au suspens partout présent et il est difficile de quitter le livre pour d'autres tâches. Petit chef d'oeuvre de thriller policier, psychologique et culturel ! (et c'est un plaisir de retrouver la ville éternelle pour qui a passé plusieurs séjours à Rome.)

mardi 6 mars 2012

Beauté fatale : les nouveaux visages d'une aliénation féminine, M.Chollet, La Découverte


Vous allez peut-être (probablement ?) me trouver monstrueuse mais tant pis, j'assume !
La dernière fois que j'ai pris le train, je me suis surprise à me morfondre sur les jeunes filles et jeunes femmes que je voyais, celles que j'appelle la "Génération sac à main" : des femmes se sont battues pendant des décennies pour que nous ayons des droits équivalents à ceux des hommes et les nouvelles générations s'autoréduisent à leur sac à main, sans autre rêve que de trouver un bon parti !!!
Mona Chollet, dans cet ouvrage, que j'ai trouvé affreusement passionnant démontre la tyrannie de la beauté, du marketing et de la consommation dans laquelle nous sommes enfermées et nous enfermons nous-mêmes. Un livre douloureux, qui fait froid dans le dos mais tellement réaliste.
J'aimerais reprendre les mots d'une femme qui regrette avoir fait de la chirurgie esthétique : "L'offre a créé ma demande". Une phrase à appliquer à toute notre société, non ?

vendredi 2 mars 2012

Les autos tamponneuses, S.Hoffmann, Albin Michel


ou « les contes cyniques d'Hoffmann » ! Pierre a décidé de se retirer des affaires et de venir s'installer définitivement à Vannes dans la maison d'Hélène, son épouse, au grand dam de celle-ci. Elle ne l'entend pas de cette oreille, ne veut pas un mari dans ses pieds et va tenter de le caser hors de la casa. Pierre qui ne s'est jamais occupé d'autre chose que de faire prospérer les affaires familiales va découvrir la petite vie provinciale. En narrateur, il a un regard féroce et le propos acerbe vis-à-vis de la faune vannetaise : la bourgeoisie locale, le gratin vieille France et snob à la fois, ces espèces de hobereaux bien-pensants et conformistes. La langue ciselée et le style affuté sont un réel plaisir et j'ai deux fiches pleines de réflexions tellement vraies, de comparaisons et de métaphores savoureuses.
Et puis cette chute qui tombe à pic de façon magistrale ! Un vrai bonheur !

jeudi 1 mars 2012

Garance, une bien belle nuance de rouge T1, Mauricet, Bamboo


Mêlant le gothique et le fantastique à la triste réalité d'une jeune fille ayant perdu sa maman, cette bande dessinée, très inspirée de Twilight, devrait plaire aux adolescentes.

Une si belle initiative


L’artiste américain John Locke souhaite que les américains lisent davantage. Pour cela, il vient de créer deux œuvres en détournant le mobilier urbain.

Les livres sont les plus merveilleuses choses qui existent et tout le monde devrait en posséder davantage” a expliqué l’artiste John Locke à un journaliste du site The Atlantic City. Partant de cette volonté, l’américain a détourné des cabines téléphoniques de Manhattan, qu’il estime “anachroniques”, pour en faire des bibliothèques de rue.

À ce jour, deux mobiliers urbains, sur les 13 659 existants de l’île, ont été aménagés. John Locke a créé des étagères en bois sur mesure qu’il a rempli de livres qu’il avait en sa possession ou qui ont été apportés par les riverains.

Je n’ai pas beaucoup de budget et aucune volonté de mettre en place des artistes particuliers. Pour le moment, cela va d’Oprah à Jane Jacobs” a-t-il ajouté. “Et j’envisage de monter ce projet près d’une école publique pour y mettre une belle collection jeunesse”.

John Lock voudrait que son oeuvre incite à relancer la lecture : les gens prennent des livres, les ramènent ou déposent leurs propres lectures. Cette initiative utopique, qui a le mérite d’exister, ne semble pas perturbée par les débuts difficiles des deux mini bibliothèques. La plupart des livres de la première cabine a disparu ainsi que les étagères. La deuxième n’a survécu que 6 semaines.

Bien que la ville de New York ne lui ait pas donné son accord, l’artiste envisage des partenariats avec des publicitaires, des anciens bibliothéquaires, des chercheurs et militants culturels pour développer ses idées urbaines.

No comment !