Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.
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dimanche 20 novembre 2016

La revanche du petit juge, M.Gangemi, Points




La Calabre de nos jours. Giorgio Maremmo, substitut du procureur, est assassiné peu après qu’un prévenu, une petite frappe, l’a menacé de mort en plein prétoire. Son ami et collègue Alberto Lenzi, appelé « le petit juge », décide de le venger en recherchant le vrai coupable. L’assassin présumé serait le frère du prévenu disparu dans la nature. Don Mico Rota, parrain de la Ndrangheta locale (mafia calabraise) et emprisonné, ne supporte pas qu’on lui mette tout sur le dos et décide de rencontrer « le petit juge » pour discuter avec lui en « paraboles » : à Alberto de comprendre ! Non ce n’est pas encore une affaire de vengeance « à la mafiosi », mais une intrigue très bien construite qui nous plonge dans la Calabre avec oliviers et citronniers, la mer à l’horizon et les traditions. J’ai pris en tout cas beaucoup de plaisir à découvrir ce polar à la langue délectable pleine de comparaisons et de métaphores surprenantes.

mercredi 18 mai 2016

Bien mal acquis, S.Sigurdardottir, Points policier

Dans une ferme rénovée en hôtel au bord d’un fjord islandais, Jonas, le propriétaire, fait appel à l’avocate Thóra pour demander des dommages et intérêts pour vices cachés aux anciens propriétaires. Durant son séjour, on découvre le cadavre de la jeune architecte employée par Jonas pour rénover une autre ferme de la propriété. Thóra sera alors chargée de défendre Jonas, suspect n°1. Astucieux sans doute quant au montage de l’intrigue mais pas vraiment terrifiant malgré, encore une fois, la présence du surnaturel. Le vrai suspens surgit au 3ème tiers du roman : atmosphère et lecture agréables.

vendredi 6 mai 2016

Je sais qui tu es, Y.Sigurdardottir, Points policier

Trois amis, un couple et une amie, ont décidé de retaper en plein hiver une maison abandonnée dans un petit village désert dans la région des fjords à l’ouest de l’Islande pour en faire un gîte estival. La tâche semble plus ardue qu’il n’y parait surtout qu’il s’y passe des événements troublants et surnaturels. De l’autre côté du fjord, Freyr, médecin et expert en comportements humains, répond à l’appel de la police pour l’aider dans leurs enquêtes, mais Freyr n’a pas encore fait le deuil de son fils, disparu 3 ans plus tôt, et lui aussi est confronté à des événements surnaturels. Récit glacial et glaçant : sueurs froides !

samedi 5 mars 2016

Scission, P.Casacuberta, Points

« Comment peut-on survivre lorsqu’on a été surnommé Anibal par un père, historien et professeur émérite ? » Notre héros, le narrateur, historien lui aussi, n’a jamais été à la hauteur des rêves de son géniteur : ainsi Anibal le pense-t-il ! Mais le père meurt et le fils résiste à ses lamentations paranoïaques d’enfant déshérité ; il héritera néanmoins tardivement aux conditions testamentaires de son père si… ! Anibal (Hannibal) vaincu par son père « Scipion » renaît alors de ses cendres. Un récit à l’écriture fouillée, travaillée (même si c’est une traduction) et agréable malgré les nombreuses digressions, diversions, soliloques, espèces de masturbations cérébrales du narrateur, le fils, dont on partage le destin. J’ai finalement beaucoup aimé et je l’ai terminé avec une larme à l’œil !

jeudi 20 mars 2014

Le nombril des femmes, D.Quessada, Points

Le résumé sur ma base de données dit : Recueil de pensées drôles et d'aphorismes sur les femmes : un portrait intime et une déclaration d'amour, qui s'interroge aussi sur la nature du regard de l'homme.
Moi, je n'ai rien lu de drôle, n'y ai vu aucune déclaration d'amour mais peut-être aurais-je dû aller jusqu'au bout... Seulement, je n'ai pas pu aller au-delà de : "Les femmes ne savent fondamentalement pas ce qu'elles désirent. Sauf lorsqu'il s'agit de cette petite robe noire de chez Dolce & Gabbana."




mardi 15 janvier 2013

Rosa candida, A.A.Olafsdottir, Points

Arnljótur a 22 ans, sa maman est morte le jour où sa petite fille naît, fruit du hasard d'un quart de nuit passée avec l'amie d'un ami. Il décide de quitter l'Islande pour le continent afin d'aller faire revivre la roseraie et le jardin délaissés d'un monastère perdu dans une petite localité haut perchée. Il apporte avec lui les boutures d'une rose rare cultivée par sa mère, une rose pourpre à huit pétales. Si sa fille, Flora Sol, est le fruit du hasard, c'est aussi le hasard qui lui fera en prendre soin. Récit tendre, attendrissant, émouvant, ingénu, candide, hors du temps ! Si « la beauté est dans l'âme de celui qui regarde » alors celle de ce roman est dans l'âme de celui qui sait lire. Oeuvre rare à qui sait ouvrir son coeur !

mardi 27 septembre 2011

Julius Winsome, G.Donovan, Points


Solitaire-littéraire entouré de livres, légués par son père et qui tapissent son chalet, Julius Winsome vit en paix, perdu dans une forêt du Maine où il s'est reclus avec son chien Hobbes. Jusqu'au jour où Hobbes meurt, sous la balle d'un de ces chasseurs qu'il entend chaque saison sans les voir. C'est la balle de trop, qui fait basculer Winsome dans un désir de vengeance flegmatique, dénuée de vie, qui rappelle le Meursault de Camus.
Puissant.

samedi 30 juillet 2011

Le cuisinier, M.Suter, Bourgois et Points


Je connais peu de romanciers suisses de langue allemande, mais même si j'en fréquentais une palette, Martin Suter figurerait sans nul doute parmi mes préférés. La pureté de son style, la détermination de son choix lexical ont nourri mon plaisir lors de la lecture de ses précédents livres.
Le cuisinier n'est pas en reste, quoique je reste cette fois sur un léger goût, sinon de trop peu, du moins de trop construit.
Il y a, dans l'histoire de Maravan, réfugié tamoul qui se fait entraîner par Andrea, son ex-collègue et cible de ses fantasmes, dans ceux (les fantasmes) plus laborieux et plus sophistiqués de clients très particuliers, un petit quelque chose de factice et d'artificiel qui écorne, corrode même la crédibilité du roman et qui gâche partiellement le plaisir.
Ceci dit, c'est bien écrit.