Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.

mercredi 29 mars 2017

L'érection T1, Jim, Lounis Chabane, Grand Angle

Premier tome d'une bande dessinée qui n'en compte que 2 (mon commentaire suivra bientôt) autour d'une érection qui aurait dû être un cadeau d'anniversaire mais qui ne fait pas son effet, malgré la vigueur de la chose. On penserait à une BD d'humour mais la situation n'est pas ni drôle, ni réjouissante mais, au contraire, horriblement réaliste. Avis aux couples en difficulté, abstenez-vous. ;)

La fille qui lisait dans le métro, Christine Féret-Fleury, Denoël

Parce que je cherche encore une jolie histoire qui ferait du bien, donnerait le sourire, ne serait pas trop mal écrite... Mais, ici, encore, je passe à côté.


Otto, l'homme réécrit, Marc-Antoine Mathieu, Delcourt

Marc-Antoine Mathieu, plus il édite, moins je comprends... Et pourtant, je ne peux pas dire que je n'aime pas. Son esthétique, ses références, ses réflexions... Il me laisse songeuse mais séduite.

vendredi 24 mars 2017

La veuve, Fiona Barton, Fleuve

Bella, petite fille de 2 ans, disparaît du jardin de Dawn, sa mère, occupée à préparer le repas. Bob Sparker est chargé de l’enquête mais celle-ci piétine, faute d’indices, jusqu’au jour où Glen Taylor, chauffeur livreur, qui conduit une camionnette bleue, est soupçonné d’enlèvement, arrêté et puis acquitté faute de preuve. La vie qui semblait bien rangée de la famille Taylor ne sera plus la même, harcelée tant par la police que par les médias. Glen, assassin toujours présumé, meurt dans un accident, fauché par un bus en emportant avec lui son secret. Sa veuve est toujours considérée par tous comme l’épouse d’un assassin. Qui saura le fin mot de l’histoire ? Kate la journaliste ou Bob le policier. Seule, la veuve sait. Un polar psychologique à l’empreinte toute féminine.

L'été des charognes, Simon Johannin, Allia

J’ai chaussé mes bottes pour entrer dans le monde glauque, crade, vaseux, boueux, bouseux, ammoniacal… d’une ferme située dans le cul du monde rural d’il y a plus de 60 ans pour tomber dans l’univers aussi glauque, boueux des rave-party et des mauvais trips des années 80. On ne peut pas nier l’art d’écrire, de décrire de l’auteur via son narrateur mais l’atmosphère vous laisse nauséeux tel un reflux gastrique. Pas vraiment un bon moment de lecture pour moi même si je suis allé au bout de la route mais certains apprécieront sans doute.

Six degrés de liberté, Nicolas Dickner, Seuil

Mon degré de liberté ? Arrêter. 

Nous, Evgueni Ivanovich Zamiatine, Actes Sud

Nous ? Pas moi...


jeudi 16 mars 2017

Je me suis levé et j'ai parlé, Ascanio Celestini, Notabilia

Vous avez vu/lu Discours à la nation ? Ou vu Laïka ? Si oui, tant mieux et vous pouvez aussi et évidemment lire ce texte sur et contre les prisons. Sinon, mettez-vous dès maintenant à lire cet auteur à l'oralité flamboyante. Ensuite, levez-vous et parlez. La parole est-elle une bombe ? 

mercredi 15 mars 2017

Confiscation, Marie-José Mondzain, LLL

Entendue plusieurs fois à la radio depuis la sortie du livre, l'auteure a un discours riche, intelligent et percutant. Souhaitant une réappropriation des mots et de leur sens ainsi que des images, elle imagine que nous pourrions vivre dans un monde à la radicalité créative ou à la créativité radicale dans lequel chacun aurait sa place et auquel chacun participerait. Enfin, c'est ce que j'en ai compris car si je pense avoir saisi le sens de la première moitié du texte, je n'ai pratiquement rien capté de la seconde. 

Police, Hugo Boris, Grasset

Trois gardiens de la paix : Virginie, Erik et Aristide, des flics en uniforme, des fonctionnaires en somme, à qui on donne un ordre de mission : escorter un ressortissant étranger, un Tadjik, jusqu’à l’aéroport et le remettre aux escorteurs de l’avion. L’ordre est simple, banal, mais… Il y a toujours un « mais », sinon il n’y aurait pas d’histoire. Ces trois agents sont aussi des hommes et femmes à part entière qui ont une vie propre, une conscience, une humanité, une âme.  Interpellant !

Article 353 du Code pénal, Tanguy Viel, Minuit

Martial Kermeur a tué. Le « requin » est mort noyé ! Le lendemain, il est arrêté. Il est prêt. Il avoue. Il n’y a pas d’arme du crime mais il y a un mobile, des mobiles. C’est face à son juge d’instruction qu’il se confie, qu’il se raconte, de façon objective, du moins à ses yeux… et aux nôtres également. C’est la confession intimiste d’un drame raconté superbement où le juge, comme le lecteur, sera son confesseur. C’est interpellant, prenant, émouvant. Coup de cœur !

samedi 11 mars 2017

Suisen, Aki Shimazaki, Actes Sud

Après Azami et Hôzuki, voici le troisième opus du nouveau cycle de cette auteure d'origine japonaise, vivant au Canada et écrivant en français. 
Dans ce roman-ci, nous suivons Gôro, homme d'une arrogance effrayante dont les blessures du passé vont ressurgir au fil du récit.
Si l'on n'aime pas cet homme pour lequel il est difficile d'avoir de l'empathie, on apprécie la puissance d'écriture de l'auteure qui parvient, avec des mots simples, à nous faire vivre tant d'émotions. 


Abolir le droit à la fortune, Philippe Richard, Couleur Livres

Un titre accrocheur, qui me parle, m'interroge. L'auteur, économiste, met donc cette question sur la table : ne devrait-on pas plafonner la richesse ? Cette dernière peut-elle vraiment être illimitée au bénéfice d'un seul individu ? 
Un texte un peu aride pour moi qui ne suit pas du sérail mais qui a le mérite de nous questionner et surtout de proposer la mise en oeuvre directe et immédiate de cette limitation.
A lire pour réfléchir, creuser, imaginer,...


Gabacho, Aura Xilonen, Liana Levi

Liborio, un jeune mexicain, a traversé le Rio Grande à la nage pour (sur)vivre dans une petite ville du sud des Etats-Unis. Clandestin, il trouve un petit boulot chez le Boss(déjanté) qui tient une librairie hispanique. Liborio, l’Indio, a le poing qui part vide et le genou qui écrase les roubignoles, mais il sait aussi encaisser comme pas un. Et puis, il y a la gisquette, Aireen, dont il tombe foldingue. C’est Liborio le narrateur avec des flash-back plein la tête et c’est dans sa langue spontanée, nature, plus que verte et inventive qu’il nous entraîne dans son univers chaotique et cahoteux. Gabacho (les USA pour les Mexicanos) est un premier roman d’une jeune (et jolie) auteure mexicaine qui sait raconter des histoires passionnantes, et sa traductrice a su transposer en français ce récit détonant/détonnant (une gageure !). « Le choc des poings, le poids des mots délirants » (Vantroyen). Une très belle découverte et un réel plaisir de lire.

Water knife, Paolo Bacigalupi, Au Diable Vauvert

Classé par la critique (Le Soir) en SF, Water Knife est en réalité un roman d’anticipation dans un futur proche. C’est une histoire d’eau qui met le feu au sud-ouest des Etats-Unis où les Etats se disputent âprement le pouvoir de l’or bleu. Angel Vélasquez, employé de Catherine Case, la reine du Colorado qui transforme les villes en vent de sable, va devoir affronter des situations qui mettront plusieurs fois sa vie en péril. Un thriller franchement intense au suspens haletant et aux nombreux rebondissements. Excellent !

jeudi 2 mars 2017

Le Bruit du silence, Léa Wiazemsky, M.Lafon

Léo a lu et aimé le premier roman de cette auteure. Je me suis dit que... pourquoi pas le deuxième ? Même si je cherche actuellement de belles et douces histoires, celle-ci était vraiment too much pour moi. Lu d'une traite, sans ennui, ni passion. 

mercredi 1 mars 2017

Chaleur, Joseph Incardona, Finitude

Pour ce texte, l'auteur est parti d'un fait divers pour le moins original et triste à la fois : le championnat de monde de sauna qui, en 2010, s'est terminé par la mort d'un des concurrents. 
Bien que divertissant, ce roman n'est cependant rien d'autre que ce fait divers de départ, simplement conté en 150 pages, plutôt qu'en quelques lignes. 
De Joseph Incardona, à lire absolument : Derrière les panneaux, il y a des hommes

L'été des charognes, Simon Johannin, Allia

L'auteur est jeune et sa jeunesse, sa vie, son récit, sa langue, on se les prend en pleine figure. La misère, la merde, la puanteur, les coups mais aussi la rage de vivre, la générosité, l'entraide. 
Qu'il est bon et salutaire d'être secoué de cette manière. 

Tijuana straits, K.Nunn, Sonatine ou 10/18

Sam Farey, dit Sam la Mouette, ex-champion de surf, ex-taulard, vit en reclus et solitaire dans sa ferme de vermiculture, pisteur à l’occasion pour le gouvernement. Nous sommes près de Tijuana, à la frontière américano-mexicaine. Un jour, il secourt et recueille Magdalena, une jeune activiste mexicaine contre la pollution grave des usines américaines sur le sol mexicain. Ella a échappé par miracle à des tueurs et craint pour sa vie. Tijuana Straits est un roman noir qui aborde des tas de problèmes : pollution environnementale, clandestins, drogue, violence… mais aussi surf, vermiculture et droit. De multiples rebondissements, un suspens haletant lors de la fuite… bref, un excellent roman noir du début jusqu’à sa « chute ». Coup de cœur !


Le Noël du commissaire Ricciardi, Maurizio De Giovanni, Rivages

Naples 1931, après ses 4 saisons, le beau commissaire Ricciardi aux yeux perçants verts s’apprête à fêter Noël. Le meurtre particulièrement sanglant d'un couple vient perturber cette préparation aux journées festives et le commissaire, flanqué de son adjoint, le brigadier Maionè, va devoir découvrir le meurtrier. Une des victimes était centurion de la milice fasciste chargé de la surveillance du trafic portuaire. Ce gentil « policier » sans prétention nous plonge dans l’atmosphère toute napolitaine de l’avant-guerre du Duce. Ici, pas de mafiosi, pas de Camera mais une enquête policière à la Conan Doyle revisitée par De Giovanni. Tout à fait agréable et distrayant !

vendredi 24 février 2017

Ecumes, Ingrid Chabbert et Carole Maurel, Steinkis

De cet album, je n'ai rien envie de vous raconter mais simplement de vous dire de le lire car il est beau, très beau. Le récit et le dessin se marient à merveille pour nous conter une histoire touchante, émouvante et sensible. 

Le papillon, Andrus Kivirähk, Le Tripode

De cet auteur estonien, je n'avais encore rien lu cependant que Fabien avait adoré Les groseilles de novembre. Il était temps que je me rattrape. Autour d'un théâtre et de ses comédiens, un récit fantasque, voire fantastique, porté par une langue singulière, sur fond de Grande Histoire. De très belles phrases, une couverture magnifique, un livre original. 

mardi 21 février 2017

Jeux de miroirs, E.O.Chirovici, Les Escales

"Le roman événement" ; "suspense haletant, traduit dans 38 pays". Ah oui. Vraiment ? D'un ennui mortel, parsemé de fautes et autre mots manquants. Seules les quelques dernières lignes pourraient valoir la peine mais autant s'en passer. 

La peau des anges, Michael Katz Krefeld, Actes Sud

Thriller nordique, froid et pluvieux et véritable voyage en enfer dans le monde impitoyable de la prostitution : une construction narrative implacable et des personnages attachants face à l’inhumanité d’autres. Voyage dans l’espace : Danemark-Suède, et dans le temps 1979-2010-2013. Ce serait le premier de la série Thomas "Ravn" Ravnshold : affaire à suivre ! Coup de cœur !

Chance, K.Nunn, Sonatine

Le docteur Eldon Chance est un neuropsychiatre versé dans les cas à expertiser pour la justice. Il n’a pas de patientèle régulière et ne s’attache donc pas à ses patients, Sa vie est néanmoins perturbée par son divorce et les problèmes financiers qui en découlent. Un jour, il reçoit une patiente envoyée par une collègue amie. Il est fasciné par la jeune femme mais pas de « chance » pour lui, le mari est un flic véreux, jaloux, irascible et prêt à tout. Si Nunn nous livre d’abord une liste de cas pathologiques intéressants : états délirants, démences neurologiques, pathologie post traumatiques et autres troubles dissociatifs de la personnalité et de l’identité ; l’intrigue se met progressivement en place et devient carrément palpitante. Un roman noir, original et … stressant !
Agréablement surpris !

lundi 13 février 2017

Par amour, Valérie Tonc Cuong, Lattès

C'est la guerre. Au Havre comme ailleurs. Deux soeurs et leurs familles. Partir ? Rester ? Evacuer au moins les enfants ? Résister ? Simplement tenir ? Chacun fera ce qu'il pourra. C'est beau, c'est tendre, c'est doux malgré le contexte épouvantable. Egalement riche historiquement. Une réussite !

vendredi 10 février 2017

La peau, l'écorce, Alexandre Civico, Rivages

Bref mais percutant. Bref et percutant ? Une alternance de récits ou une même histoire ? La guerre, en tout cas. La misère, la violence. La souffrance. 


Les conséquences, Nina Wijers, Actes Sud

Minie Panis, artiste conceptuelle reconnue et renommée, s’interroge sur sa vie et son identité artistique. Elle se défend d’être « artiste », l’être ou ne pas l’être ? Qui le saura, sinon elle ! Satire, ironie du monde artistique ou simplement une introspection métaphysique avec ses conséquences. Les miennes seront l’abandon sans regret de ce roman en cours de lecture : trop intellectuel et personnel à mon goût et vide de sens. J’aime ou je n’aime pas, et quand je n’aime pas, c’est que je ne comprends pas. Finalement, ce qui est important n’est-il pas simplement « l’art de vivre » ?


jeudi 9 février 2017

La Jeune Epouse, A.Baricco, Gallimard

La Jeune Epouse arrive dans la Famille du Fils, attendant son retour afin de le marier. Le Père, la Mère, la Fille, l'Oncle, Modesto. Chacune et chacun présents pour l'occuper, l'initier. 
Ce roman, dans lequel l'écrivain parvient à se glisser régulièrement est un pur bijou, à la langue subtile, délicate, intelligente et dans lequel l'érotisme est élégant et puissant. 
Une réussite en français. Comme il doit être beau en italien. 

mardi 7 février 2017

Des espaces vides, Miguel Francisco, Delcourt

Un gars qui semble un peu perdu tente peut-être de se (re)trouver en racontant à son fils l'histoire de ses parents et de ses grands-parents. La guerre civile espagnole, l'exil en Argentine,...
Un bon moment. 

Dans la forêt, Jean Hegland, Gallmeister

L'histoire se passe après une grande catastrophe dont on ne sait rien. Deux soeurs doivent tenter de survivre seules dans la maison familiale au fond des bois. Elles s'aident, s'entraident, se déchirent aussi. 
Un roman survivaliste ? Un appel au retour à la nature pour nous, humains, consuméristes perdus ? 
Serait-on prêts si...
Beau !

La petite fille au dé à coudre, Michael Köhlmeier, J.Chambon

Elle a 6 ans. Elle ne parle pas la langue, elle est abandonnée au centre d’une ville allemande par son « oncle », qui, un soir, ne viendra pas la récupérer. Alors, elle erre dans la ville qu’elle ne connaît pas et se perd. Recueillie par des agents, elle sera placée dans une maison d’accueil d’où elle s’enfuira avec deux garçons plus âgés. Commence alors son errance. Une histoire triste, une espèce de conte où les fées ne pourront pas l’empêcher de se perdre à nouveau. Elle n’a de place nulle part : une enfance perdue.

Borderline, Jessie Cole, Actes Sud

Borderline ??? Alors voir Dico ! [Trouble de la personnalité constitué par une impulsivité majeure et une instabilité : hypermotivité, agressivité, addiction, parfois mutilation…] Bref, un état limite : on ne sait jamais quand une personne va (ne va pas) basculer de l’autre côté. Vincent, Vinnie, un presque quarantenaire, vit de petits boulots et assume la garde de sa fille (plutôt sa belle-fille) Gemma, adolescente de 16 ans. Mais Vincent est un aimant qui attire les emmerdes ! Un jour, en rentrant du travail et du pub, il découvre une voiture renversée dans le fossé. Personne à l’intérieur mais, un peu plus loin, il y a une jeune femme accroupie dans le fossé, un bébé inerte dans les bras. Il la secourt et l’amène aux urgences d’où elle s’échappera deux jours plus tard pour se retrouver devant sa maison. Qui est-elle et que faisait-elle là perdue au milieu de nulle part ? Des personnages attachants, émouvants, qu’ils soient Vincent, Gemma, la « fille au bébé mort », la mammy ou Scott, l’ami médecin… et d’autres qu’on préférerait ne pas connaître. Un premier roman d’une auteure australienne, noir mais déchirant, au tempo et à la tension en sus. Au fait, qu’est-ce que l’amour après tout ? A dévorer !

La délicatesse, David Foenkinos, Folio

Nathalie et François se sont rencontrés dans la rue. Il lui a proposé de prendre un verre. Elle a accepté. Ils se lient, ils s’aiment, ils sont heureux, profitant des petits bonheurs de chaque instant sans que le quotidien n’entame leur félicité. Mais c’est sans compter avec les aléas de la vie : François sera fauché en plein jogging matinal. Désespoir ! Il faut repartir, oublier, faire son deuil ! Nathalie se jette alors à corps perdu dans le travail tout en fuyant un directeur un peu trop attentionné. Surgit incidemment Markus, collègue atypique, banal, déconcertant et … Une histoire d’amour tout « en délicatesse », pas fleur bleue ni new romance mais simplement les « choses de la vie ». Une délicate alchimie de grave et de léger, des personnages attachants, des réparties savoureuses : un bon bol d’air pur.

Calcaire, Caroline De Mulder, Actes Sud

Dans la région proche de Maastricht, Frank Doornen, ancien militaire encore handicapé par un récent AVC, recherche Lies, une jeune fille fragile et prostituée disparue lors de l’effondrement d’une villa. Avec Tchip, ferrailleur et recycleur en informatique, il va enquêter sur le propriétaire de la villa, Francis Orlandini, entrepreneur véreux en déchets de toutes sortes qu’il stocke dans les galeries souterraines d’une ancienne carrière de calcaire. Récit très noir, glauque, au style percutant, à l’écriture hachée, saccadée comme essoufflée, aux personnages cabossés, dézingués, psychologiquement perturbés… que des vies gâchées ! On nage et patauge dans la fange et les détritus aux fragrances nauséeuses. Triste à mourir. On s’accroche malgré tout.

mercredi 1 février 2017

Collaboration horinzontale, Mademoiselle Navie et Carole Maurel, Delcourt

Récit de vie dans un immeuble français, pendant la guerre. Collaboration, dénonciation, résistance, amour, haine. Surtout des femmes et des enfants, évidemment. Un dessin très à propos, pour une très belle bande dessinée. 


Née contente à Oraibi, B.Cournut, Le Tripode

A l'opposé du récit d'auto-fiction à la française, ce roman ! L'histoire d'une petite fille devenue femme, née au sein du peuple Hopi. Les petits et grands espaces, la culture, les traditions, le rapport à la nature, à la famille. Dépaysement garanti. 

vendredi 27 janvier 2017

Ce monde disparu, D.Lehane, Rivages poche

Dans ce roman qui clôt la trilogie commencée avec Un pays à l’aube, on se retrouve à Tampa, Floride, avec Joe Coughlin, chef de famille qui a passé la main à son second Dion Bartolo. Considéré comme un excellent conseiller pas vraiment rangé des affaires par les autres familles mafieuses, Joe devra louvoyer avec les uns et les autres qui rêvent de toujours plus de pouvoir et de fric et qui se prennent pour des dieux. Un de ceux-là a lancé un contrat sur Joe qui va devoir protéger son fils Tomas. Casinos, loteries, trafic de drogues, prostitution, racket ; chaque famille a son territoire à protéger et une vie vaut une vie. Avec Ce monde disparu, on retrouve un bon vieux roman de gangsters sur fond de Thompsons, aux personnages bien trempés et aux dialogues bien tournés. Nostalgie !

La veille de presque tout, V.del Arbol, Actes Sud

L’inspecteur Germinal Ibarra, après avoir résolu de façon très personnelle la disparition et le meurtre de la petite Samantha, retrouve sa Galice natale. En pleine nuit, il est appelé par l’hôpital suite à l’entrée aux urgences d’une femme grièvement blessée qui ne veut parler qu’à lui. Se greffent à cette histoire celle de Paola venue se réfugier dans un gîte isolé ; celle de Mauricio, un vieux chapelier argentin et son petit-fils Daniel ; celle de Dolorès la propriétaire du gîte et l’histoire de sa fille disparue depuis dix ans… Tous ces destins vont s’entrecroiser et chaque personnage tente de résoudre ses problèmes de tristesse, de culpabilité, de vengeance… car le passé a rejoint le présent. « Nous essayons d’échapper à notre destin sans nous rendre compte que nous allons droit vers lui. » et « Les rides sont les veines où coule le temps ». Une très belle maîtrise de l’intrigue et une narration pleine de profondeur et de gravité.
Commentaire de la libraire (parce que je l'ai lu aussi) : sans vouloir dénigrer le roman policier, cet auteur espagnol aurait toute sa place en littérature générale. Dans ce roman, pas d'intrigue en tant que telle mais du suspens et une lecture de l'être humain malheureusement très pertinente. 

mardi 24 janvier 2017

Le corps de la langue, J.Bosc, Quidam

Poème érotique, sensuel, cru, autour de la langue, du corps, du corps de la langue et de la langue du corps. Où les vides et les pleins se mêlent et s'entremêlent. A lire. Assurément.

lundi 23 janvier 2017

Article 353 du Code pénal, T.Viel, Minuit

Martial Kermeur se retrouve dans le bureau d'un juge d'instruction, après la macabre découverte d'un corps tombé à l'eau. Il raconte, se raconte... C'est juste, tellement juste. Réaliste au possible. A lire. Et à lire jusqu'au bout.

Danser au bord de l'abîme, G.Delacourt, Lattès

Un page turner autour de la narratrice, tombée follement amoureuse d'un seul regard, ou plutôt au départ d'un simple geste. Après, des sentiments, de petites phrases bien senties pour en faire un roman efficace qui touche, bouleverse inévitablement. 

vendredi 20 janvier 2017

La cheffe, roman d'une cuisinière, M.Ndiaye

Elle était une cuisinière hors pair aux recettes repensées et aux saveurs retrouvées. C’est à travers le récit d’un de ses commis que nous faisons connaissance avec « La Cheffe », personne simple, humble, allant jusqu’à l’abnégation, ne sachant guère lire et écrire, mais dotée d’une créativité instinctive et ne vivant que par et pour sa cuisine. Le style est sinueux et travaillé, les phrases longues, complexes et savamment construites, le mot juste et riche et on se pourlèche les babines tant littéraires que culinaires. A savourer lentement !

Scène de crime virtuelle, P.May, Babel

Michaël Kapinsky reprend son travail de photographe à la police scientifique de Newport Beach. Il n’arrive pas à faire son deuil après la mort de son épouse Mora et il est criblé de dettes. Sa psy lui conseille de télécharger le logiciel « Second Live » pour participer à des échanges virtuels, ce que fait Michaël qui se choisit alors un « avatar ». Ça nous change de la « Trilogie écossaise » et des îles Hébrides. La surprise est de taille et m’a laissé perplexe en tombant dans ce genre de roman où l’on entre dans un monde parallèle et où l’on se choisit une existence virtuelle proche des jeux vidéo. Je me suis néanmoins laissé prendre au jeu … tant qu’à faire ! Original !!!

Une illusion d'optique, L.Penny, Actes Sud

Clara Morrow, la cinquantaine, connaît enfin la consécration en exposant ses œuvres, en solo, au Musée d’Art contemporain de Montréal. Le bonheur sera de courte durée car, le lendemain du vernissage et de la fête chez les Morrow, une femme est retrouvée morte, le cou tordu (et coup tordu pour l’artiste) dans leur jardin. L’inspecteur chef Armand Gamache et son équipe sont dépêchés à Three Pins, petit village et ses habitants que les policiers connaissent bien. Gamache et sa famille étaient d’ailleurs au vernissage de leur amie Clara. Avec Louise Penny, on retrouve le roman policier traditionnel, reposant, à la psychologie fine et à un inspecteur politiquement correct et policé. L’auteure canadienne en profite pour plonger le lecteur dans le domaine artistique : peintres, galeristes, marchands d’art, ainsi que dans le monde des alcooliques (anonymes). Encore une fois, un très bon moment de lecture.

Prendre les loups pour des chiens, H.Le Corre, Rivages

Coup de coeur du Mari de la libraire. En cela rien d'étonnant, après l'avoir lu également. Roman noir. C'est exactement cela. Franck sort de prison. La compagne de son frère vient le chercher... L'homme dans toute sa noirceur. 



Irena T1, J.D.Morvan, S.Tréfouël, D.Evrard, Glénat

Premier tome d'un cycle de 3 autour de la figure d'une belle personne, Irena, qui a fait ce qu'elle a pu pour apaiser les souffrances de la guerre, dans le Ghetto de Varsovie. Hâte de découvrir la suite.


La chair, R.Montero, Métailié

Soledad, 60 ans, prend un escort boy pour se venger de son amant précédent. Tombera-t-elle amoureuse ? Et lui ? Pourquoi pas ? La différence d'âge, la déchéance du corps, la vie...