Nous ? Pas moi...
Les avis d'une libraire-lectrice
J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.
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vendredi 24 mars 2017
samedi 11 mars 2017
Suisen, Aki Shimazaki, Actes Sud
Après Azami et Hôzuki, voici le troisième opus du nouveau cycle de cette auteure d'origine japonaise, vivant au Canada et écrivant en français.
Dans ce roman-ci, nous suivons Gôro, homme d'une arrogance effrayante dont les blessures du passé vont ressurgir au fil du récit.
Si l'on n'aime pas cet homme pour lequel il est difficile d'avoir de l'empathie, on apprécie la puissance d'écriture de l'auteure qui parvient, avec des mots simples, à nous faire vivre tant d'émotions.
mardi 21 février 2017
La peau des anges, Michael Katz Krefeld, Actes Sud
Thriller nordique, froid et pluvieux et véritable voyage en enfer dans le monde impitoyable de la prostitution : une construction narrative implacable et des personnages attachants face à l’inhumanité d’autres. Voyage dans l’espace : Danemark-Suède, et dans le temps 1979-2010-2013. Ce serait le premier de la série Thomas "Ravn" Ravnshold : affaire à suivre ! Coup de cœur !
vendredi 10 février 2017
Les conséquences, Nina Wijers, Actes Sud
Minie Panis, artiste conceptuelle reconnue et renommée, s’interroge sur sa vie et son identité artistique. Elle se défend d’être « artiste », l’être ou ne pas l’être ? Qui le saura, sinon elle ! Satire, ironie du monde artistique ou simplement une introspection métaphysique avec ses conséquences. Les miennes seront l’abandon sans regret de ce roman en cours de lecture : trop intellectuel et personnel à mon goût et vide de sens. J’aime ou je n’aime pas, et quand je n’aime pas, c’est que je ne comprends pas. Finalement, ce qui est important n’est-il pas simplement « l’art de vivre » ?
mardi 7 février 2017
Borderline, Jessie Cole, Actes Sud
Borderline ??? Alors voir Dico ! [Trouble de la personnalité constitué par une impulsivité majeure et une instabilité : hypermotivité, agressivité, addiction, parfois mutilation…] Bref, un état limite : on ne sait jamais quand une personne va (ne va pas) basculer de l’autre côté. Vincent, Vinnie, un presque quarantenaire, vit de petits boulots et assume la garde de sa fille (plutôt sa belle-fille) Gemma, adolescente de 16 ans. Mais Vincent est un aimant qui attire les emmerdes ! Un jour, en rentrant du travail et du pub, il découvre une voiture renversée dans le fossé. Personne à l’intérieur mais, un peu plus loin, il y a une jeune femme accroupie dans le fossé, un bébé inerte dans les bras. Il la secourt et l’amène aux urgences d’où elle s’échappera deux jours plus tard pour se retrouver devant sa maison. Qui est-elle et que faisait-elle là perdue au milieu de nulle part ? Des personnages attachants, émouvants, qu’ils soient Vincent, Gemma, la « fille au bébé mort », la mammy ou Scott, l’ami médecin… et d’autres qu’on préférerait ne pas connaître. Un premier roman d’une auteure australienne, noir mais déchirant, au tempo et à la tension en sus. Au fait, qu’est-ce que l’amour après tout ? A dévorer !
Calcaire, Caroline De Mulder, Actes Sud
Dans la région proche de Maastricht, Frank Doornen, ancien militaire encore handicapé par un récent AVC, recherche Lies, une jeune fille fragile et prostituée disparue lors de l’effondrement d’une villa. Avec Tchip, ferrailleur et recycleur en informatique, il va enquêter sur le propriétaire de la villa, Francis Orlandini, entrepreneur véreux en déchets de toutes sortes qu’il stocke dans les galeries souterraines d’une ancienne carrière de calcaire. Récit très noir, glauque, au style percutant, à l’écriture hachée, saccadée comme essoufflée, aux personnages cabossés, dézingués, psychologiquement perturbés… que des vies gâchées ! On nage et patauge dans la fange et les détritus aux fragrances nauséeuses. Triste à mourir. On s’accroche malgré tout.
vendredi 27 janvier 2017
La veille de presque tout, V.del Arbol, Actes Sud
L’inspecteur Germinal Ibarra, après avoir résolu de façon très personnelle la disparition et le meurtre de la petite Samantha, retrouve sa Galice natale. En pleine nuit, il est appelé par l’hôpital suite à l’entrée aux urgences d’une femme grièvement blessée qui ne veut parler qu’à lui. Se greffent à cette histoire celle de Paola venue se réfugier dans un gîte isolé ; celle de Mauricio, un vieux chapelier argentin et son petit-fils Daniel ; celle de Dolorès la propriétaire du gîte et l’histoire de sa fille disparue depuis dix ans… Tous ces destins vont s’entrecroiser et chaque personnage tente de résoudre ses problèmes de tristesse, de culpabilité, de vengeance… car le passé a rejoint le présent. « Nous essayons d’échapper à notre destin sans nous rendre compte que nous allons droit vers lui. » et « Les rides sont les veines où coule le temps ». Une très belle maîtrise de l’intrigue et une narration pleine de profondeur et de gravité.
Commentaire de la libraire (parce que je l'ai lu aussi) : sans vouloir dénigrer le roman policier, cet auteur espagnol aurait toute sa place en littérature générale. Dans ce roman, pas d'intrigue en tant que telle mais du suspens et une lecture de l'être humain malheureusement très pertinente.
vendredi 20 janvier 2017
Une illusion d'optique, L.Penny, Actes Sud
Clara Morrow, la cinquantaine, connaît enfin la consécration en exposant ses œuvres, en solo, au Musée d’Art contemporain de Montréal. Le bonheur sera de courte durée car, le lendemain du vernissage et de la fête chez les Morrow, une femme est retrouvée morte, le cou tordu (et coup tordu pour l’artiste) dans leur jardin. L’inspecteur chef Armand Gamache et son équipe sont dépêchés à Three Pins, petit village et ses habitants que les policiers connaissent bien. Gamache et sa famille étaient d’ailleurs au vernissage de leur amie Clara. Avec Louise Penny, on retrouve le roman policier traditionnel, reposant, à la psychologie fine et à un inspecteur politiquement correct et policé. L’auteure canadienne en profite pour plonger le lecteur dans le domaine artistique : peintres, galeristes, marchands d’art, ainsi que dans le monde des alcooliques (anonymes). Encore une fois, un très bon moment de lecture.
jeudi 12 janvier 2017
Le port secret, M.Oruna, Actes Sud
Oliver Gordon quitte ses amis et son cher Londres pour rejoindre un village côtier de Cantabrie (nord de l’Espagne). Il est en train de rénover l’imposante maison familiale qu’il a hérité de sa mère espagnole. Mais, à peine arrivé sur place, les ouvriers découvrent dans les fondations le cadavre d’un bébé à demi momifié accompagné d’une amulette aztèque. Ensuite, se succèdent l’assassinat d’un vieil homme et d’un médecin paisible. Le lieutenant Valentina Redondo aux yeux vairons et son équipe se chargent de l’enquête, persuadés que ces événements ont un lien, mais lequel ? L’auteure utilise une intrigue en alternance : d’un côté, l’enquête elle-même et de l’autre un journal anonyme qui raconte le passé de la vieille maison et des faits qui remontent au temps de la guerre civile. Le style est franchement agréable et les personnages « intéressants » mais l’intrigue n’est pas spécialement palpitante ! Un bon moment !
mardi 13 décembre 2016
Le bâtiment de pierre, A.Erdogan, Actes Sud
Asli Erdogan est opposante au régime en Turquie. Grand intellectuelle et scientifique de haut vol, elle est emprisonnée depuis des mois et pourrait être condamnée à la perpétuité.
Lisons ses livres, portons sa voix et faisons en sorte que soient libérées les personnes enfermées pour leurs idées ! Partout ! Tout le temps !
dimanche 20 novembre 2016
La fleur de l'illusion, K.Higashino, Actes sud
Le roman commence par deux prologues : une agression au sabre en pleine rue et la rencontre de deux ados sur un banc au marché des ipomées. Et puis l’intrigue suit avec Lino affectée par le suicide inexplicable de son cousin d’abord et puis par la découverte de son grand-père assassiné. Le problème semble être la disparition d’une ipomée jaune du jardin du grand-père, fleur introuvable dont on ne peut pas parler et qui pourrait être le mobile du crime. Lino et Sota se mettent alors à enquêter sur ce qui se cache derrière cette mystérieuse fleur. Tel un orfèvre, Higashino cisèle son intrique, véritable origami où chaque étape du pliage révèle peu à peu ce à quoi il va aboutir : raffinement de la forme, trompeuse complexité d’un art subtil et atmosphère toute japonaise. Je suis un lecteur comblé.
samedi 19 novembre 2016
Zinc, D.Van Reybrouck, Actes Sud
"Il n'a pas traversé les frontières, ce sont les frontières qui l'ont traversé."
70 pages et 8,50 euros : tout le monde l'achète ?!
samedi 15 octobre 2016
Les muselés, Aro Sainz de la Maza, Actes Sud
Après Le bourreau de Gaudi (2014), un nouveau polar noir qui se passe toujours à Barcelone. Une biologiste, ornithologue à ses heures, découvre dans un sous-bois le corps d’une jeune fille morte par étranglement. Elle faisait des études de droit et travaillait comme stagiaire dans un bureau d’avocats. Quelques jours plus tard, un des associés de ce même cabinet d’avocats est trouvé mort étranglé dans son luxueux appartement. Coïncidence ? Outre une intrigue très bien construite, l’auteur nous plonge dans une Barcelone pétrifiée, transie, asphyxiée par la crise financière où chaque chômeur est prêt à tout pour tenter de survivre. Excellent polar noir, psychologique et social.
mardi 20 septembre 2016
Les muselés, A.Sainz de la Mara, Actes Sud
Après la lecture de Fabien, la mienne... tout aussi enthousiaste. Un roman que je n'aurais pas forcément édité chez Actes Noirs et qui aurait tout à fait eu sa place en littérature dite classique car, s'il y a bien des meurtres et l'enquête qui va avec, il y a surtout un contexte dur, effrayant, celui de la crise économique en Espagne. Et la vraie tueuse, c'est elle !
A me plonger prochainement dans son premier livre : Le bourreau de Gaudi.
lundi 12 septembre 2016
Les muselés, A.Sainz de la Maza, Actes Sud
En toile de fond, la crise économique espagnole. Sur cette trame, se développe un vraie, une putain de vraie enquête policière agathachristinesque. L’enquête se déroule, fluide comme un ruban de soie et c’est la crise dans laquelle les personnages sont plongés qui se charge d’y semer des accros. Depuis longtemps déjà, je m’interroge sur la psychologie des crises successives dans lesquelles nous sommes involontairement plongés. Ce roman policier fait partie et de mon information et de mon antidote.
Les insatiables, G.Lustiger, Actes Sud
« En 1984, Emilie T., jeune escort-girl parisienne, avait été sauvagement assassinée, meurtre jamais élucidé. Vingt-sept ans plus tard, la presse annonce l’arrestation d’un employé de banque sans histoires dont l’ADN correspond à celui trouvé sur la scène du crime. » Ce fait divers interpelle Marc, journaliste d’investigation qui va enquêter sur le destin fatal de cette femme et quand on fouille un peu trop, on devient vite une fouille-m…. et quand on insiste on la trouve mais pas chez le citoyen lambda mais plutôt chez « les gens bien » et dans les hautes sphères économiques et politiques. L’argent amène le pouvoir et le pouvoir la puissance, celle de se sentir un intouchable. Les compromis deviennent vite des compromissions et les compromissions des corruptions. Roman inquiétant, interpellant et parfois il vaut mieux ne pas savoir. Machiavel disait : « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt terriblement. » Un gros coup cœur !
vendredi 2 septembre 2016
14 juillet, E.Vuillard, Actes Sud
« Il faut écrire ce qu’on ignore. Au fond, le 14 juillet, on ignore ce qui se produisit. Les récits que nous en avons sont empesés ou lacunaires. C’est depuis la foule sans nom qu’il faut envisager les choses. Et l’on doit raconter ce qui n’est pas écrit. Il faut le supputer du monde, de ce qu’on sait de la taverne ou du trimard, du fond des poches et du patois des choses, liards froissés, croûtons de pain. On aperçoit le très grand nombre muet, masse aphasique. » Et le peuple affamé, spolié, exploité conflue à la Bastille. Le style est concis, haché, saupoudré de litanies de noms, de sobriquets, de pays, de petits métiers oubliés… et toujours le terme propre, le mot précis, la phrase ciselée et sculptée à la fine gouge. Un constat plutôt qu’une prise de position d’un observateur extérieur. On savoure, on sirote ! Merci l’ami de me l’avoir mis entre les mains car c’eût été un crime de passer à côté.
mardi 16 août 2016
Hôzuki, A.Shimazaki, Actes Sud
Une critique très élogieuse m'a donné envie de lire ce texte. Je confirme ! C'est une pure merveille.
Je n'en dit pas plus mais vous laisse le découvrir...
Je n'en dit pas plus mais vous laisse le découvrir...
mercredi 10 août 2016
Les insatiables, G.Lustiger, Actes Sud
Terminé en Normandie alors que nous y rencontrions une dame, veuve d'un mari agriculteur décédé du cancer, ce texte a eu un retentissement très fort en moi.
Ici, ce sont les ouvriers, employés des usines de produits chimiques pour l'agriculture qui meurent. Dans l'indifférence bien sûr mais aussi dans le déni et surtout dans la collaboration des industriels informés de la dangerosité de leurs produits et qui, pourtant...
Un roman passionnant, foisonnant, bien construit. A lire absolument !
14 juillet, E.Vuillard, Actes Sud
Dans le contexte économique (perpétuellement) en crise que nous connaissons actuellement, un vent de révolution semble souffler. Des films, des textes, des documentaires et des actes pour tenter de faire changer les choses.
Avec ce roman, Eric Vuillard souffle sur les braises du feu qui couve. Il nous raconte, avec force détails et vocabulaire pointilleux, la journée du 14 juillet vu par les petites gens qui se sont battus ou sont morts pour que cesse la misère.
Une lecture rapide, incisive ! Un excellent moment !
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