Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.

samedi 30 janvier 2010

Coeur de papier T1, B.Enna et G.Rigano, coll. Métamorphose, Soleil


La collection Métamorphose des éditions Soleil, dirigée par Barbara Canepa (illustratrice de Sky Doll), a un côté gothico-macabre. Je devais donc m'attendre à lire quelque chose d'un peu dur, sombre, noir.
J'en ai eu pour mon argent : cette BD m'a fichu la trouille. Le scénario et le dessin vont parfaitement de pair pour effrayer le lecteur.
Je suis curieuse de lire la suite.

Kerity la maison des contes, R.Dautremer et A.Le Ray, Flammarion


Avant d'être un album, cette histoire est un film dont la conception graphique a été confiée à Rebecca Dautremer (la "maman" des Princesses et de toute la papeterie qui va avec). Film que je n'ai pas vu (merci au Ciné Espace d'Arlon de ne pas projeter ce genre de films) mais dont les critiques étaient bonnes.
Quant à l'album : rares sont les novellisations réussies. Celle-ci n'échappe pas à la règle. Texte trop long, un peu décousu. Nous ne l'avons pas terminé.
En conclusion : si vous en avez l'occasion, allez voir le film.

Une avalanche (trop facile) d'albums jeunesse

Mes petits trésors, E.Manceau, Tourbillon : un coffret qui contient 9 petits livres thématiques et un circuit au verso. Excellent pour les tout petits comme notre Anatole.
Kuro et le goûter surprise, Y.Takai, Seuil J : ah ! les illustrateurs japonais. Quel bonheur ! Des dessins simplissimes et pourtant tellement expressifs.
Chaud devant !, L.Timmers, Milan J : même si ce n'est pas mon album préféré de Léo Timmers (j'opterais pour Le cri du hareng), il est quand même amusant et de circonstance en cette période de froid hivernal.
Boucle d'or et les trois ours, M.Billet, Tourbillon : serait-ce à cause de mes cheveux (même s'ils ne sont pas blonds) que j'ai toujours aimé ce conte... Ici, une nouvelle version pour les petits très réussie : des personnages prédécoupés et une scénette animée à chaque page.
Cailloux, G.Burnod et G.Janik, Bilboquet : trop de texte, trop de gris, trop de cailloux.
Le saut du kangourou (d'après R.Kipling), L.Mélinand, Bilboquet : graphisme étonnant pour un conte sur l'origine du kangourou.

Le Grand Loin, P.Garnier, Zulma


Un père propose à sa fille adulte handicapée de quitter le centre dans lequel elle habite pour aller passer quelques jours à la mer. Les deux personnages s'en vont donc. Et de jour en jour et de lieu en lieu, ils ne reviennent pas et d'étranges éléments sont laissés derrière eux. A la fois effrayant et drôle, ce roman m'a fait passé un bon moment.

vendredi 29 janvier 2010

Frisson l'écureuil en pleine nuit, M.Watt, Bayard J


Nouvelle aventure de Frisson l'écureuil : c'est la nuit, il ne peut pas dormir car il a la trouille. Il place donc des pièges tout autour de son arbre. Et l'arroseur est arrosé. Drôle, graphisme réussi. J'aime beaucoup. Les enfants aussi.

Rapport de police, M.Darrieussecq, POL


A-t-on le droit de tout écrire? Les thèmes littéraires, les idées, les situations, les métaphores, les mots flottent-ils dans l'air du temps? Appartiennent-ils à tout le monde? Peut-on écrire sur certaines expériences humaines extrêmes (le camp, le goulag, le deuil d'enfant) si on ne les a pas vécues? Qu'est-ce que le style? Se vole-t-il, lui aussi?

Marie Darrieussecq a consacré deux années de sa vie à l'écriture d'un essai sur le plagiat pour tenter de répondre à ces questions. Mais aussi et surtout pour tenter de se disculper face aux accusations de plagiat qu'ont portées contre elle deux auteurs femmes de sa génération, Marie NDiaye (qui a parlé de "singerie") et Camille Laurens ("plagiat psychique"). Kafka, lui, ne s'est finalement jamais manifesté pour dire que Truismes, le best-seller de Darrieussecq, ressemblait un peu trop à La Métamorphose (sans doute parce qu'il n'est pas une femme de sa génération).

Alors, ce Rapport de police? Dans des va-et-vient constants entre psychanalyse, histoire du communisme et analyse littéraire, Marie Darrieussecq met sur le même plan le bouillonnement d'idées qui a accompagné la naissance de la psychanalyse autour de la figure pivot de Freud, la blessure narcissique de la veuve d'un poète qui fut proche de Celan, l'instrumentalisation politique de la notion de plagiat sous Staline, la fatwa qui a pesé sur Salman Rushdie et... sa petite personne.

On a mal pour elle à la voir s'enferrer dans les amalgames et les approximations. D'où tire-t-elle sa science et ses certitudes? Est-elle une spécialiste de la poésie allemande? Pour juger de l'éventuel plagiat de Goll par Celan, elle ne cite que des traductions. Pas un mot d'allemand. Pour juger des plagiats des écrivains soviétiques, pas un mot de russe. Extrême rigueur scientifique! On a tout aussi mal de voir la psychanalyste (car elle se présente comme telle) se moquer (oui, se moquer) des personnalités délirantes qu'elle diagnostique sauvagement. La critique littéraire et la psychanalyse sont passablement malmenées, et le lecteur est mis à rude épreuve.

Oui, vraiment, la question se pose: a-t-on le droit de tout écrire?

Juste un petit commentaire de ma part : je n'ai pas lu ce livre. Je n'en ai pas du tout envie. Je ne soutiens aucunement ce genre de texte : règlement de compte ou pas, cela m'agace. Merci à Emma de l'avoir lu pour moi.

jeudi 28 janvier 2010

Les tartines au kétcheupe, M.S.Roger, Le Rouergue


Nicolas, 5 ans, nous raconte sa vie à la maternelle. Son langage d'enfant, ses bêtises, ses amis (Fourmisseau et Petit Toiseau) nous font rire mais, sous cette histoire d'apparence drôle, se cache la réalité - pas marrante - de sa famille. Egalement le récit très juste du quotidien de nos instits. Excellent petit roman pour les lecteurs, à partir de 9 ans.