Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.

lundi 24 août 2015

Le livre disparu, C.Thompson, Circonflexe

« Avec son millier de salles, la bibliothèque donnait sur une rue tranquille et bordée d’arbres. Sur ses rayons se trouvait un exemplaire de chacun des livres publiés dans le monde. Tous ? Non. Il en manquait un. (…) » Ainsi commence ce merveilleux conte (trop court) mais extrêmement bien illustré. Dans les 1ères pages, une double page des rayons d’une bibliothèque où les dos des livres présentent les titres « tordus » d’illustres livres : « Les voyages de Jules Hiver, Voyage au bout de la pluie, Ziza dans le métro, La toison dort… » Mais, j’en passe ! Il faut tout lire et savourer chaque titre mais aussi chaque page illustrée. Un vrai bonheur ! Un vrai coup de cœur !

La fille du train, P.Hawkins, Sonatine

Thriller psychologique (très féminin) qui met en scène le destin de trois femmes : Rachel, la fille du train, alcoolique ; Anna, la nouvelle épouse de son ex mari et Mégane, la femme de son voisin. Il est question d’alcoolisme, de trous noirs, de paranoïa, de manipulations, de mensonges, de machos... C’est très énervant, perturbant, stressant, déstabilisant, palpitant… même si le suspens hitchcockien ne démarre vraiment que vers la page 90. Impossible alors de quitter le roman qui continue à vous poursuivre une fois fermé. Une intrigue très bien construite et des personnages extrêmement bien décrits.

Daisy sisters, H.Mankell, Seuil

Paru en suédois en 1982, Daisy Sisters est le premier roman de Mankell mais le dernier à être édité en français ! Nous sommes en Suède, de 1941 à 1981 ; le récit brosse le destin d’Elna, d’Eivor sa fille et de ces générations de femmes : ados, mères, épouses, ouvrières, grand-mères… C’est un regard sur l’évolution de la condition des femmes de l’après-guerre suédois tout empreint de féminité et de féminisme. Il ya chez Mankell des réflexions profondes sur la société et les réalités de la vie : « … un rappel angoissant de la nature éphémère de l’existence » ; « on ne peut pas remonter le temps et espérer retrouver ce qu’on a perdu » ; « tu n’es pas habillée comme la personne que tu es mais comme celle que tu penses devoir être » (…) C’est un roman émouvant, attachant et prenant dans lequel on retire des leçons de vie pleines de profondeur.

jeudi 6 août 2015

Petits plats de résistance, P.Pujol, Le Dilettante

Pour moi, ce livre est un croisement entre Anna Gavalda et Romain Puertolas. Il y a dedans des personnages grand guignolesques, de la cuisine, de la solidarité, de l'humour, des vérités. Ce n'est pas un grand roman mais avec, on rit ou sourit, on salive, et on rêve d'une grande tablée d'amis et de bons plats. Un roman qui ne mange pas de pain mais qui fait du bien.

dimanche 2 août 2015

Archives du vent, P.Cendors, Le Tripode

Pour faire bref, je vais reprendre un très court extrait du livre... (p.238). "c'est un cours d'arithmétique nihiliste... Je n'ai pas le niveau."

samedi 1 août 2015

Petits plats de résistance, P.Pujol, Le Dilettante

Un livre comme une bouée de sauvetage pour le libraire auquel on demanderait : « Un roman pas prise de tête, pas glauque, qui me détend, avec des chapitres courts car je suis constipé — car je prends le train — car on a douze étapes pour partir en vacances — car je ne lis que le soir pour m'endormir — car ma femme ronfle — car mon mari pète (lisez le livre), des personnages haut en couleur qui feraient des trucs que je n’ose pas faire moi-même mais que je me verrais bien le faire, des points de vue différents mais où qu’on ne se perd pas dans la structure du récit, pas vulgaire mais pas prude non plus, une trame bien ficelée mais qui ne se termine pas en eau de boudin, un truc qui me parle mais qui me dépayse en même temps, pas intello mais avec du vocabulaire, moins de trois cents pages mais plus de deux cents, à juste moins de vingt euros… ». Et le libraire de brûler un cierge à Pascale Pujol.

mercredi 29 juillet 2015

Ah ! Ca ira..., D.Lachaud, Actes Sud

Une fois qu'on l'a commencé, on ne s'arrête plus. Vraiment bien ficelé, à la fois romanesque et politique. Suffisamment peu de personnages, chacun bien typé, pour qu'on ne s'y perde pas ; des références ; de l'amour ; de l'espoir ; de l'intelligence ; de la réflexion. Nous sommes en 2037 et le monde n'a (toujours) pas changé !
Le mari de la libraire en dit ceci : "Il existe le « théâtre action ». Avec Ah ça ira, Denis Lachaud a écrit un « roman action ». Personnellement, j’adore cet alliage d’intime et de politique qui a une longue tradition théâtrale et auquel je suis attaché. Denis Lachaud nous interroge sur les modalités de l’agir dans un style romanesque qui permet tant l’introspection que la multiplication des points de vue. Une histoire qui met en écho Révolution française avec des actions révolutionnaires plus récentes : des tentes du canal Saint-Martin jusqu’aux Printemps arabes. Une histoire qui met en évidence les lâchetés cyniques de nos sociétés.
En contre point à l’Histoire qui s’écrit dans un futur proche (2037), l’auteur distille les différentes facettes de l’amour : amitié, amoureux, passion, pardon … Mais toujours raison d’être.
Avec ces personnages, on participe à quelque chose qui permettrait au monde, aux esprits et aux coeurs de bouger, enfin … Ou, à tout le moins, un roman qui nous bouscule. Que du bel heurt."