Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.

vendredi 10 février 2017

Les conséquences, Nina Wijers, Actes Sud

Minie Panis, artiste conceptuelle reconnue et renommée, s’interroge sur sa vie et son identité artistique. Elle se défend d’être « artiste », l’être ou ne pas l’être ? Qui le saura, sinon elle ! Satire, ironie du monde artistique ou simplement une introspection métaphysique avec ses conséquences. Les miennes seront l’abandon sans regret de ce roman en cours de lecture : trop intellectuel et personnel à mon goût et vide de sens. J’aime ou je n’aime pas, et quand je n’aime pas, c’est que je ne comprends pas. Finalement, ce qui est important n’est-il pas simplement « l’art de vivre » ?


jeudi 9 février 2017

La Jeune Epouse, A.Baricco, Gallimard

La Jeune Epouse arrive dans la Famille du Fils, attendant son retour afin de le marier. Le Père, la Mère, la Fille, l'Oncle, Modesto. Chacune et chacun présents pour l'occuper, l'initier. 
Ce roman, dans lequel l'écrivain parvient à se glisser régulièrement est un pur bijou, à la langue subtile, délicate, intelligente et dans lequel l'érotisme est élégant et puissant. 
Une réussite en français. Comme il doit être beau en italien. 

mardi 7 février 2017

Des espaces vides, Miguel Francisco, Delcourt

Un gars qui semble un peu perdu tente peut-être de se (re)trouver en racontant à son fils l'histoire de ses parents et de ses grands-parents. La guerre civile espagnole, l'exil en Argentine,...
Un bon moment. 

Dans la forêt, Jean Hegland, Gallmeister

L'histoire se passe après une grande catastrophe dont on ne sait rien. Deux soeurs doivent tenter de survivre seules dans la maison familiale au fond des bois. Elles s'aident, s'entraident, se déchirent aussi. 
Un roman survivaliste ? Un appel au retour à la nature pour nous, humains, consuméristes perdus ? 
Serait-on prêts si...
Beau !

La petite fille au dé à coudre, Michael Köhlmeier, J.Chambon

Elle a 6 ans. Elle ne parle pas la langue, elle est abandonnée au centre d’une ville allemande par son « oncle », qui, un soir, ne viendra pas la récupérer. Alors, elle erre dans la ville qu’elle ne connaît pas et se perd. Recueillie par des agents, elle sera placée dans une maison d’accueil d’où elle s’enfuira avec deux garçons plus âgés. Commence alors son errance. Une histoire triste, une espèce de conte où les fées ne pourront pas l’empêcher de se perdre à nouveau. Elle n’a de place nulle part : une enfance perdue.

Borderline, Jessie Cole, Actes Sud

Borderline ??? Alors voir Dico ! [Trouble de la personnalité constitué par une impulsivité majeure et une instabilité : hypermotivité, agressivité, addiction, parfois mutilation…] Bref, un état limite : on ne sait jamais quand une personne va (ne va pas) basculer de l’autre côté. Vincent, Vinnie, un presque quarantenaire, vit de petits boulots et assume la garde de sa fille (plutôt sa belle-fille) Gemma, adolescente de 16 ans. Mais Vincent est un aimant qui attire les emmerdes ! Un jour, en rentrant du travail et du pub, il découvre une voiture renversée dans le fossé. Personne à l’intérieur mais, un peu plus loin, il y a une jeune femme accroupie dans le fossé, un bébé inerte dans les bras. Il la secourt et l’amène aux urgences d’où elle s’échappera deux jours plus tard pour se retrouver devant sa maison. Qui est-elle et que faisait-elle là perdue au milieu de nulle part ? Des personnages attachants, émouvants, qu’ils soient Vincent, Gemma, la « fille au bébé mort », la mammy ou Scott, l’ami médecin… et d’autres qu’on préférerait ne pas connaître. Un premier roman d’une auteure australienne, noir mais déchirant, au tempo et à la tension en sus. Au fait, qu’est-ce que l’amour après tout ? A dévorer !

La délicatesse, David Foenkinos, Folio

Nathalie et François se sont rencontrés dans la rue. Il lui a proposé de prendre un verre. Elle a accepté. Ils se lient, ils s’aiment, ils sont heureux, profitant des petits bonheurs de chaque instant sans que le quotidien n’entame leur félicité. Mais c’est sans compter avec les aléas de la vie : François sera fauché en plein jogging matinal. Désespoir ! Il faut repartir, oublier, faire son deuil ! Nathalie se jette alors à corps perdu dans le travail tout en fuyant un directeur un peu trop attentionné. Surgit incidemment Markus, collègue atypique, banal, déconcertant et … Une histoire d’amour tout « en délicatesse », pas fleur bleue ni new romance mais simplement les « choses de la vie ». Une délicate alchimie de grave et de léger, des personnages attachants, des réparties savoureuses : un bon bol d’air pur.